Les premiers souscripteurs des 1 884 logements F3 et F4 de la formule AADL 2013 ont commencé à occuper leur cité implantée à Oujlida, à 6 km au nord de Tlemcen. Mais quelle fut leur déception lorsqu’ils ont constaté les nombreuses malformations apparentes : plâtre qui se détache au simple toucher du doigt, mauvaise finition dans la pose de la faïence de dernier choix dans les cuisines, dalles de sol dénivelées, soudure inachevée des barreaudages de protection au niveau des balcons, installation à l’emporte-pièce des tuyaux de gaz, peinture dégoulinante dans les murs, disjoncteurs électriques mal fixés, fuite d’eau dans les parois pour ceux habitant au dernier étage. L’étonnement des acquéreurs a été d’autant plus grand que c’est l’entreprise turque Dek In San Ltd, pourtant certifiée Isoo 9000 qui a réalisé les travaux. Ils s’attendaient à un travail de bien meilleure qualité eu égard à l’expérience internationale de l’entreprise étrangère.

Même le wali lors de ses visites d’inspection sur le site avait dénoncé cette situation et sommé les responsables de la société turque à corriger les défauts constatés. Il n’en fut cependant rien. D’autres cités confiées à de petites entreprises locales aux moyens limités, ont bénéficié d’un bien meilleur sort, ne suscitant aucune critique des occupants. Les acquéreurs qui ont pourtant avancé 25% du montant de leur logement (le reste sur une période maximum de 25 ans), devront financer à leur compte les travaux à refaire. “Ce n’est pas normal que les bureaux d’études et les services techniques de la construction en charge du suivi du chantier aient signé dans l’opacité les PV de finition. Ils sont tenus pour complices de ce travail bâclé”, dira l’un des souscripteurs, un cinquantenaire, chauffeur de taxi, qui a attendu six ans pour prendre possession de son logement. Les habitants de la cité comptent s’organiser en association pour défendre leurs droits et exiger réparation de la part de l’AADL. Le seul bâtiment parfaitement achevé, sans aucun défaut apparent, est celui se trouvant à l’entrée de la cité, peint en rose dès le début, car c’est celui qui était destiné à la visite des autorités locales et autres personnalités.

Source: Liberté du 14/04/2019