Redondante dans les discours officiels depuis la fin des années 90’, la question des réformes structurelles a fini par être reléguée au second plan.

La période faste qu’a connue le pays durant l’envolée des prix du pétrole n’a pas joué en faveur de ces réformes. Elle a plutôt favorisé les dépenses excessives et sans calculs dans le souci d’arracher la stabilité sociale. Les équipes qui se sont succédé au gouvernement ont enchaîné les largesses, que ce soit en termes d’enveloppes financières ou sur le plan fiscal. L’argent a été distribué à tout-va, mais sans contrepartie en matière de création de richesses.

Les exemples sont nombreux : les dispositifs d’aide à la création d’emplois à l’image de celui de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (Ansej), l’effacement des dettes des agriculteurs, l’élargissement des subventions au sucre et à l’huile en 2011 face au mécontentement des citoyens. Des mesures qui ont, dans l’ensemble, profité beaucoup plus aux couches aisées qu’à celles démunies.

Une étude du ministère des Finances l’a d’ailleurs confirmé en 2015. De 254 milliards de dinars en 1999, les transferts sociaux sont passés à 1731 milliards de dinars en 2015 via un système entaché d’aberrations et d’anomalies. Ce que les experts ont également recommandé au même titre que les institutions internationales. Mais les pouvoirs publics ont toujours affiché leur attachement à la politique sociale pour préserver la paix sociale, même si cela fragilise le budget de l’Etat.

Or, ces aides sont loin d’améliorer le quotidien des Algériens défavorisés. Exemple : en 2015, le soutien aux démunis, aux handicapés et aux personnes à faible revenu ne représentait que de 9% des transferts sociaux contre 6% pour le soutien à l’éducation et plus de 2% pour les allocations familiales.

Cela pour dire que ces parts insignifiantes montrent que de larges pans de la société sont oubliés de la politique sociale actuelle. Une politique présentée comme l’élément fort des différents programmes quinquennaux menés jusque-là. Et voilà qu’aujourd’hui le Premier ministre Ahmed Ouyahia vient encore souligner dans le plan d’action présenté et adopté la semaine dernière à l’Assemblée populaire nationale cette démarche de consolidation de la stabilité sociale.
Au nom de la stabilité sociale

«Les difficultés financières imposées à notre pays par la chute sévère des prix des hydrocarbures sur le marché mondial interpellent notre société à se mobiliser à l’effet de poursuivre son processus de développement économique et social. A cette fin, le gouvernement cultivera un dialogue soutenu avec ses partenaires économiques et sociaux dans l’esprit du Pacte national économique et social de croissance», résume ledit document.

Fin août dernier, devant les partenaires sociaux au lendemain de sa nomination en remplacement de Abdelmadjid Tebboune, Ouyahia avait également tenté le jeu de l’assurance : «L’Algérie a une politique sociale constante fondée sur la justice sociale et la solidarité nationale. Je voudrais donc assurer nos travailleurs et tous les citoyens que cette politique sociale sera maintenue par le gouvernement.» 

Jeudi dernier, devant les députés, il a encore fait part de la décision du gouvernement de préserver les acquis sociaux, notamment la politique de subventions actuelle, particulièrement pour ce qui est des produits de large consommation subventionnés, qui sera maintenue l’année prochaine, a rassuré M. Ouyahia. Donc, une année de sursis en attendant du changement.
Changement Complexe

Un changement qui se fera progressivement, selon le Premier ministre. «Car il est extrêmement complexe socialement», relèvera l’expert financier Abderrahmane Benkhelfa qui précisera : «Il concerne des comportements acquis socialement, allant de l’eau à l’énergie jusqu’au médicament. Pour passer à une réforme, il fallait une étude et il fallait dégager plus de moyens pour les populations vulnérables», poursuivra-t-il appelant à ce que les changements se fassent de manière progressive et que le nouveau système conforte les couches vulnérables. Mais pour l’heure, estime M. Benkhelfa, les défis sociaux ne sont ni pour 2017 ni pour 2018 et l’équilibre social n’est pas menacé à court terme.

Car, expliquera-t-il, «la loi de finances 2018 ne contiendrait pas des impôts nouveaux, donc pas de pression fiscale. Même pour l’inflation, une cellule de vigilance permettra d’anticiper le risque». Mais ce n’est pas évident pour d’autres experts qui parlent de menaces sur les couches vulnérables. Des catégories ciblées dans le plan d’action à travers une série de mesures, mais qui ont un goût de déjà-vu. Il s’agit du renforcement les liens de solidarité sociale à travers le règlement du déficit en logements ; la protection des groupes sociaux vulnérables ; la consolidation du système de protection sociale et de retraite ; et la poursuite de la politique de solidarité nationale.
Mesures généralistes

Autre volet contenu dans le plan : l’amélioration de l’accès aux soins et la préservation du système national de sécurité sociale et de retraite. Pour ce dernier point, le gouvernement s’engage à travailler à l’élargissement de la base cotisante au système national de sécurité sociale qui devra atteindre, à terme, 3 millions d’affiliations par la mise en place d’assises juridiques et réglementaires intégrant les nouvelles formes de travail de l’économie numérique, les personnes actives dans le secteur de l’informel, les personnes actives non occupées, ainsi que les travailleurs du monde agricole. Il est prévu par ailleurs la création d’une branche de retraite complémentaire au sein de la Caisse nationale des retraites (CNR) et auprès de la Caisse de sécurité sociale des non-salariés (Casnos), et ce, dans le but de rehausser l’attractivité du système national de retraite.

D’autres actions seront poursuivies au profit des personnes sans revenu ni qualification à travers le Dispositif d’aide à l’insertion sociale (DAIS). Sur un autre chapitre, le gouvernement promet d’ouvrir des chantiers de travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’œuvre. Mais tout indique aujourd’hui que cette mesure ne permettra pas d’absorber le chômage en forte progression ces derniers mois, surtout chez les jeunes. Les chiffres révélés le 20 septembre dernier à l’université de Béjaïa par le directeur général de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), Mohamed Tahar Chalal, montrent un recul du nombre des demandeurs d’emploi placés par l’ANEM.

Entre le 1er janvier et le 31 août 2017 au niveau de toutes antennes de l’Anem, seules 295 594 ont eu une réponse favorable, soit 32,7%. La veille, sur les ondes de la chaîne 3, il a rappelé le nombre d’emplois à créer dans le cadre du programme du gouvernement, soit 400 000 emplois et 23 000 micro-entreprises par le biais de l’Ansej, ainsi 10 000 autres par celui de la CNAC.
Chômage en hausse

«Nous sommes arrivés à placer 257 313 demandeurs d’emploi dans le secteur économique», a-t-il précisé. A fin de l’année, il aura été assuré un total de plus de 410 000 placements sur les 972 152 en attente d’une activité, soit moins de la moitié. La baisse de la dynamique dans le secteur du BTPH et des services explique l’incapacité de l’ANEM à placer les demandeurs d’emploi.

Dans le BTP, la crise a fait perdre plus de 90 000 postes de travail entre 2016 et 2017. D’où la hausse du taux de chômage en avril dernier (12,3%) par rapport à septembre 2016. Un constat que confortera Mohamed Ali Ould Sidi Deyahi, directeur du bureau régional de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur Radio M, relevant que l’Algérie est touchée par la crise en matière d’emplois.

«En Algérie, le taux de chômage des jeunes pour cette année est de plus de 29%, alors qu’il était des 24% l’année passée. Il y a donc une hausse en 2017 qui est préoccupante, même si on constate qu’il y a une amélioration au niveau du taux de chômage global», a-t-il dit.

Cela dit, la pression démographique conjuguée à la crise risque d’impacter lourdement l’emploi. Il faudrait donc, de l’avis des économistes, accompagner les mesures exceptionnelles comme le financement non conventionnel par la redynamisation de l’économie. «Nous avons un sursis de deux ans.

L’emploi devra être généré par une activité économique nouvelle, soit l’emploi par le marché, car l’emploi découlant d’une dynamique économique est meilleur. Pour cela, il faut que l’investissement économique se fasse et en partenariat continue, à condition que les entreprises s’ouvrent à des partenaires externes.

Les milieux d’affaires devraient bouger», résumera M. Benkhelfa pour qui le plus important est d’accompagner le financement exceptionnel par le maintien de tout ce qui constitue le budget de fonctionnement, comme les salaires et les transferts sociaux. Ce sont les dossiers de l’heure sur lesquels le débat est focalisé. Justement, si pour les salaires le gouvernement avoue des difficultés à les assurer, qu’en sera-t-il pour les aides sociales ?

Source: Elwatan e 25-09-2017

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