Le logement demeure la préoccupation cardinale de la population qui aspire à un meilleur cadre de vie et elle ne cesse de réclamer ce droit garanti par la Constitution. Cependant, un retard considérable est enregistré dans la ville de Guelma puisque la dernière attribution des logements sociaux locatifs remonte à juin 2014, et ce, en dépit des milliers de dossiers en souffrance au niveau de la daïra. L’espoir avait commencé à renaître au début de l’année 2018 lorsque les pouvoirs publics avaient lancé la formule LPA, logement participatif aidé, en direction des candidats aux revenus moyens qui furent l’objet d’un tapage médiatique. En effet, reconnaissant que le LSP, logement social participatif, n’avait pas enregistré le succès escompté, le ministère de l’Habitat, avait opté pour cette formule censée répondre aux attentes des citoyens. Le LPA est désormais piloté par la CNL, Caisse nationale du logement, qui recueille les dossiers, désigne les promoteurs immobiliers astreints à un cahier des charges et octroie une aide non remboursable de l’État d’un montant de 70 millions de centimes. Cette opération avait suscité l’adhésion d’une large frange de la société puisque des milliers de candidatures appuyées de documents, avaient été adressées sous pli recommandé aux APC concernées qui devaient les enregistrer et les transmettre à la CNL qui afficha un silence total. Dans ce contexte, des citoyens se sont rapprochés de Liberté pour exprimer leur désespoir et leur ras-le-bol et l’un d’eux s’exclame : “Marié, père de deux enfants, disposant d’un revenu mensuel de 45 000 dinars, j’avais transmis ma demande début avril 2018 dans l’espoir d’une issue heureuse car je suis sous-locataire d’un appartement que je paie deux millions de centimes par mois à son propriétaire. Depuis ce jour c’est le silence radio et aucune information apaisante n’a été apportée par le biais d’un communiqué, de la radio régionale ou tout autre média. Je suis sur des charbons ardents et je souhaite que les autorités locales finissent par réagir pour mettre un terme à mon calvaire !” D’autres interlocuteurs abondent dans le même sens et décrivent leur désarroi et parle de leur situation désastreuse qui empoisonne leur quotidien. Un enseignant, visiblement excédé par cette attente infernale, nous confie : “Depuis mon mariage, je suis logé dans un studio avec mon épouse et nos trois enfants ! Imaginez notre existence dans l’exiguïté et le manque de confort !” Un autre déverse sa colère : “Je travaille dans une entreprise publique depuis une quinzaine d’années et je gagne plus de six millions de centimes par mois. Célibataire, j’ai 39 ans, et suis hébergé chez mes parents. L’attribution d’un LPA me permettra de fonder un foyer car je suis fiancé à une infirmière depuis cinq ans !”
De toute évidence, de nombreux citoyens commencent à déchanter car les pouvoirs publics qui avaient promis monts et merveilles ne communiquent plus pour des raisons inexpliquées. Ils saisissent cette opportunité pour lancer un appel désespéré aux autorités locales qui ont le devoir de répondre à leurs légitimes préoccupations qui s’éternisent.

Source: Liberté du 09/02/2019



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