Prévue initialement en fin 2016, puis à la mi-2017 et ensuite dans un troisième temps, avant fin 2018, la réception du projet de 1.252 unités de type ‘logement public locatif’ (LPL), à mi-parcours entre la pépinière de l’USTO et la zone des sièges, devra avoir lieu, avant la fin d’année, selon une source proche du projet. Une énième échéance à prendre avec des pincettes vu la longue série de fausses annonces qui a marqué ce projet depuis la pose de la 1re pierre et même bien avant.

Prenant leur mal en patience, depuis le début de réalisation de cet ensemble d’habitats, les résidents de la vétuste et non moins précaire cité en préfabriqués tirent, néanmoins, des motifs de consolation et d’espoir, dans le fait qu’ils disposeront au bout du chemin d’une belle cité intégrée, avec à la clé un ensemble de structures d’accompagnement tout près de chez-eux. Eux qui ont, il n’y a pas si longtemps, vu en un projet promotionnel mitoyen, une vraie menace pour leur cité intégrée et il aura fallu l’engagement solennel du wali Mouloud Cherifi, selon lequel l’assiette concernée sera, bel et bien réservée à des équipements publics de proximité, pour qu’ils aient renoncé à leur mouvement de protestation.

On peut, toutefois, affirmer à en juger d’après ce qui reste à réaliser que l’échéance de fin 2019 est «jouable» dans la mesure où, selon la même source, le taux de réalisation en est à un peu plus de 80%.

Parti début 2015 pour durer 25 mois, le chantier est au-delà de ses 4 années et demie, soit un glissement plus que le double du délai contractuel du marché, 25 mois. Mais quelle en est, en fait, la raison de ce gros retard ? Elle est à rechercher, à en croire de la version officielle, dans les pépins financiers qu’a connus ce projet, précisément un avenant enregistré, chemin faisant, pour ce projet attribué, au temps de l’ex wali, Abdelghani Zâalane, par le maître d’ouvrage l’OPGI à partir d’une «short-list » du ministère de l’Habitat, à une entreprise nationale privée, SARL Kada Torki Djamel, et une entreprise chinoise sous droit algérien, SARL C2SS. Bien que le problème financier ait été, dernièrement, réglé avec la dotation d’une rallonge budgétaire, le chantier est toujours en souffrance. Et c’est l’intervenant chinois qui est pointé du doigt, dont le lot est bien en retard par rapport à celui confié à l’entreprise algérienne. Nos sources parlent d’un rythme de travaux bien en-deçà de ce que suppose le planning révisé et le cahier de charges, pour la tranche réalisée par les Chinois.

Les travaux de terrassement pour l’implantation des 1.252 logements publics locatifs, destinés aux résidents de la cité en préfabriqués ‘Batimat Taliane’, avaient commencé en février 2015, dans cette ancienne base de vie de la Société de bâtiment d’Oran (Batior), délocalisée vers Chteibo. D’après la fiche technique du projet, la surface bâtie est de l’ordre de 18.000 m² (1,8 ha sur la surface globale de 17 ha).

Des pré-affectations en 2016 pour rassurer les résidents

Le dossier de la cité de «Batimat Taliane» était revenu en 2015 sur la scène d’actualité locale, avec l’annonce par le wali de l’époque, Abdelghani Zâalane, d’un programme de logements pour les résidents de cette cité précaire. Début 2016, des décisions de pré-affectation ont été remises aux résidents recensés dans cette cité en préfabriqués, en attendant l’achèvement du site des 1.252 unités LPL. Un document qui a, en plus de sa valeur légale et juridique, cet effet psychologique apaisant et rassurant sur ces ménages, tout en «écourtant » d’une certaine manière le temps d’attente pour l’accès à ces logements, prévu courant 2017. Dans l’autre sens, l’Administration locale y gagne, elle aussi, puisque ce faisant, elle fixe et arrête la liste des attributaires, et coupe court ainsi à la spéculation et à la surenchère. Et ce, d’autant que le recensement, opéré le 28 janvier 2016, a été fait en présence des représentants du collectif des résidents de cette cité, avec à la clé des critères bien définis concernant les sous-ménages et les ayants-droit. Ce qui a grandement contribué au succès du traitement de ce dossier, dont la «réputation » a débordé au-delà des éphémérides de la collectivité locale sous Abdelmalek Boudiaf, c’est l’approche participative avec laquelle il a été diligenté. Les habitants de la cité ont été impliqués, sérieusement, dans le processus, du début à la fin. D’abord, leur refus d’être déracinés de leur milieu et leur mode de vie a été pris du bon bout par l’actuel chef de l’Exécutif. Ce n’est ni un fléchissement ni une abdication des pouvoirs publics face à une exigence citoyenne, tel qu’imaginerait un esprit mal tourné, mais un compromis, ni moins ni plus, une solution médiane pour résoudre le problème qu’inspire la bonne gouvernance, le bon sens même. Dès que l’esprit a changé, et donc l’approche avec, les choses sont allées vite et dans le bon sens. Un terrain approprié et de grande valeur immobilière, a été trouvé pour l’implantation d’une nouvelle cité dédiée aux familles citées ayant dangereusement dépassé sa durée de vie. Plus facile à dire qu’à faire, plutôt. En effet, l’accord de troc suggérée alors à la Société de bâtiment d’Oran (Batior), par l’octroi d’un foncier sis zones des activités de Chteïbo en échange de ses 17 ha près de l’USTO, n’a été entériné qu’après d’âpres négociations où la prépondérance de l’autorité de l’Etat n’est pas restés qu’un slogan. La complexité du démontage des équipements et du matériel de Batior et de son évacuation étaient tels que le planning du chantier a connu une translation de délai (25 mois); la livraison de la cité était prévue, initialement, en 2016, sachant que la surface bâtie est de l’ordre de 18.000 m² (1,8 ha sur la surface globale de 17 ha). Tout un ensemble d’équipements publics est également projeté sur place, de sorte que les heureux relogés de ‘Batimat Taliane’ n’auront qu’à s’installer confortablement dans cette nouvelle cité intégrée, sans se soucier de quoi que ce soit.

 

Source : Le Quotidien d’oran du 23.08.2019