Des dizaines de bénéficiaires de décisions de pré-affectation, dont les noms n’ont pas figuré sur les listes d’attributaires de logements sociaux, ont tenu hier un sit-in devant le cabinet du wali, réclamant, avec colère, la libération rapide de la dernière liste dont l’affichage était prévu pour le mois de mars passé, mais reporté pour le mois de juin prochain.

Les protestataires (en majorité des femmes) viennent de plusieurs quartiers du centre-ville, mais aussi des cités de la périphérie. Ils brandissaient des pancartes exigeant l’affichage de la dernière des listes des bénéficiaires de logements sociaux. Et le criaient haut et fort, dans l’intention de se faire entendre par le premier responsable de la wilaya, dont le bureau est juste en face.

Les protestataires ont, ensuite, improvisé une marche, autour de la prison et du siège de la gendarmerie, situés sur le trottoir qui fait face au cabinet du wali, brandissant les mêmes pancartes et criant à tue-tête des slogans hostile aux autorités locales et à leur tête le chef de l’Exécutif, « qui se joue de nos nerfs dans cette affaire », disent-ils. Une des femmes concernées, qui dit être sans domicile fixe et qui est hébergée à droite et à gauche, lance à l’endroit du wali « vous avez trahi les chouhada », qui ont accepté de mourir en libérant le pays, pour que tous les Algériens et Algériennes vivent dans la dignité. Où est cette dignité, lorsqu’on est sans logis ». Et d’en appeler aux chouhada Larbi Ben Mhidi, Zighoud Youcef et Si El Haouas, pour « venir voir ce que qu’il en est de l’Algérie aujourd’hui ». « Nous ne voulons pas attendre le mois de juin, car rien ne dit qu’il n’y aura pas d’autres reports pour septembre et la rentrée sociale. Nous exigeons sa libération le plus rapidement possible, surtout, que d’après le wali cette ultime liste de logements sociaux comprend plus de 2.000 noms de bénéficiaires de décisions de pré-affectation ». Et c’est là, font-ils savoir, que réside leur espoir, malgré tout, d’y figurer et dans le cas contraire, cela aura au moins le mérite de les indiquer, une fois pour toutes, sur leur situation. Après plusieurs tours autour des sièges en question, à savoir la prison et le commandement de la gendarmerie, aux cris de « libérez la dernière liste », les protestataires se sont résolu à se disperser, non sans jurer de revenir.

Source: le Quotidien d’Oran du 09/04/2019

Commentaires