Pas moins de 107 familles sur les 112 concernées par le relogement dans le cadre du RHP (réhabilitation de l’habitat précaire) ont vu débarquer, hier, tôt dans la matinée, des engins pour démolir les cloaques et autres habitations qui leur servaient de toits, des années durant.

Certaines y résidaient depuis des décennies. Une démolition qui équivaudrait, systématiquement, à un relogement des familles concernées dans l’ensemble urbain situé sur les hauteurs à Zamala, là où s’est déroulée la première opération du genre et concernant les gens d’El Graba. «Toute famille ayant vu sa baraque démolie et obtenu le quitus des mains de la commission mixte installée à cet effet, et à pied d’œuvre hier sous la houlette du chef de daïra, se voyait prise en charge par les services de l’OPGI», dira Mohamed Guesmi.

L’opération, qui rentre dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire à Tiaret et foncièrement au niveau du chef-lieu de wilaya de Tiaret a touché sept sites : Mezhoud, ou ex-ferme Bojot, pour 45 familles et 29 habitations à démolir, Gherieb Zaccar, ou ex-ferme Khiali, au profit de 37 familles et 27 habitations à éradiquer, ferme Barrache, pour les 14 familles se trouvant dans les 5 cloaques, et 7 familles se trouvant à la lisière de la ville, sur le tracé du rail où devait s’implanter la nouvelle gare ferroviaire.

Cinq parmi les six autres familles qui habitent les locaux et la villa de l’ancienne gare au centre-ville n’ont pas été touchées, hier, car il subsiste un contentieux aujourd’hui devant les tribunaux. Hier, tout s’est bien déroulé, mis à part un incident au niveau du site Gherieb Zaccar, quand un citoyen, au fait de l’opération, a cru bon d’emménager dans les lieux la veille, mais il a été vite rabroué. C’est d’ailleurs en voulant emporter ses effets qu’il fut blessé et évacué par la Protection civile vers les urgences, mais ses jours ne sont pas en danger.

Selon Guesmi Mohamed, «l’opération est réussie sur le plan organisationnel, en dépit des tergiversations enregistrées dans la longue préparation de l’opération, ponctuée par des enquêtes de ménages puisque, renchérit le chef de daïra, certaines associations ne jouaient pas le jeu, ce qui n’a pas facilité le travail au début».

Qu’à cela ne tienne et, au-delà des couacs, Tiaret s’est vu soustraite de ses plaies hideuses qui défiguraient le paysage. Après donc El Graba et l’opération d’hier, les autorités lorgnent les dernières ceintures de la misère que sont Karman, Zabala et Diar El Hana.

Source: El Watan du 10/03/2019