ORAN – Oran ne cesse de s’étendre et de se développer dans la démesure en raison d’une urbanisation massive, sans cesse rampante, qui a engendré de nouvelles ruptures entre le centre-ville, formé par « le noyau historique », et les nouvelles extensions urbaines.

Des extensions et des greffes urbaines, de plus en plus denses, qui évoluent, le plus souvent, sans cohérence urbaine notamment dans les communes périphériques immédiates telles Bir El Djir, Sidi Chahmi et un degré moindre Es-Sénia. Ces extensions s’intègrent mal avec l’épicentre, constatent les spécialistes.

« La vague de constructions de logements, observée ces deux dernières décennies, a accéléré le phénomène de la croissance urbaine, marquée par une forte densification, notamment à l’Est d’Oran, à l’exemple de Haï El Yasmine et Haï Essabah. « Ces extensions urbaines n’arrivent pas à s’arrimer avec les communes limitrophes », souligne le directeur technique du bureau d’études « URBOR », Senouci Tahar.

Ce responsable affirme que cet urbanisme fragmenté a crée des dysfonctionnements nécessitant aujourd’hui d’importantes corrections et d’autres projets urbains en terme d’installations, d’équipements et d’offres de qualité des services aux résidents.

Ce déséquilibre est encore plus flagrant à l’ouest d’Oran, notamment dans la zone d’El Hassi, où pratiquement tout le flanc du Murdjadjo pose problème, avec ce chapelet d’habitations précaires qui ne cesse de s’étendre le long de la route de la corniche supérieure.

Le diagnostic du grand projet urbain d’Oran regroupant les communes d’Oran, de Bir El Djir, de Sidi Chahmi, d’Es-Sénia et El Kerma, révèle d’autres incohérences, à plusieurs niveaux notamment dans la zone Ouest, réputée pour sa vocation touristique et la fragilité de ses milieux formés de dunes de sables et l’ empiétement du littoral, expliquent des urbanistes .

Toute cette situation nécessite une stratégie urbaine, qui repose sur une orientation technique appuyée par des projets urbains novateurs et un traitement qualitatif en terme d’aménagement spatial, un engagement local et l’implication effective des citoyens pour renforcer l’identité de la ville d’Oran et de soigner son image .

—-Oran, une identité à renforcer—-

Pour les spécialistes et des représentants de la société civile, Oran doit renforcer sa cohésion avec son port, dont le centre de gravité est le quartier Sidi El Houari, classé patrimoine national. Avec notamment ses deux composantes, la pêcherie et le site de l’ex-Calère, le quartier historique de Sidi El houari est pratiquement déconnecté du reste de la ville.

« Tous ces espaces d’importance, qui ont toujours donné vie à la ville, sur les plans social, économique et culturel, ne méritent-ils pas un traitement particulier ? « , s’interrogent des habitants de Sidi El Houari, qui se déplorent que tout ce périmètre urbain, formé par le site de l’ex-Calère et la pêcherie, soit isolé du site historique.

Dans ce sens, Mme Aïcha Haî, enseignante en architecture à l’USTO estime qu’  » il est primordial de ressouder, le lien avec l’épicentre », déclarant que la ville d’Oran recèle un potentiel urbain non négligeable qui mérite d’être exploité, embelli ou carrément remodelé.

Elle rappelle que la question de l’articulation entre le centre-ville et les extensions nouvelles est toujours posée, tout en plaidant pour « un urbanisme correct ». « La ville d’Oran doit changer de visage », soutient un architecte installé à Haï Akid Lotfi. Il souhaite que le prolongement de la frange maritime, depuis la résidence El Bahia au quartier El Menzeh (ex-Canastel) puisse bénéficier d’un meilleur lifting.

Pour lui, il est nécessaire de bien aménager cet espace pour accueillir des projets urbains de même dimension que les équipements existants tels que le Centre de convention d’Oran, l’Hôtel « Méridien » et le boulevard « Millénium ». Ailleurs, au Sud-Ouest d’Oran, le long du 4ème Boulevard périphérique, ce sont des zones entières qui méritent un traitement urbain particulier. « La ville a besoin qu’on la respecte « , souligne ce même architecte.

—-Un futur pôle urbain—-

Le futur pôle urbain d’Oran est situé dans le triangle Aïn Beïda -Senia-Misserghine. Avec ses 1.300 hectares, il constitue une réelle opportunité foncière de l’aire urbaine d’Oran. Il s’agit d’une ville devant accueillir une population de 200.000 âmes, avec à la clef, un programme mixte de 60.000 logements, d’équipements culturels, de santé, d’éducation, des espaces publics.

Les spécialistes et les experts en urbanisme indiquent que ce projet de type « Eco-cité », doit être un cadre devant intégrer toutes les dimensions d’une ville moderne. En somme, un « éco-quartier », marqué par le souci d’un développement durable, assis sur un ensemble de normes et de bonnes pratiques, avec ses différentes cibles, à savoir la qualité des constructions (bâtiments intelligents), l’efficience énergétique et une bonne gestion de ressources naturelles et de l’espace.

Le directeur technique du bureau d’études URBOR, Senouci Tahar, fait savoir que le nouveau PDAU, en cours d’élaboration, fait cas de cette nouvelle centralité dont a besoin le grand projet urbain d’Oran. Dans ce sens, il plaide pour « une démarche intégrée en terme d’opérations ».

Pour sa part, le directeur local de l’urbanisme et de la construction, évoquant l’importance de ce nouveau pôle urbain de 1.300 ha, explique le bien-fondé de la démarche technique et scientifique actuelle dans l’élaboration de ce projet d’études de nouvelle-ville d’Oran.

Pour lui, les signes annonciateurs d’une réelle prises en main sont palpables, en témoignent les projet de travaux publics en cours, pour désengorger le grand projet urbain, tels que le 5ème boulevard périphérique, la bretelle devant relier le port d’Oran à l’autoroute Est-Ouest, la nouvelle aérogare, l’extension du port, le projet de métro et autres projets devant changer le visage d’El Bahia.

« Des projets qui vont certainement assurer cet équilibre urbain tant souhaité et recherché », a-t-il ajouté, en conclusion.

APS

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