ALGER- Les participants à un atelier sur “la Gouvernance rénovée et maîtrise de l’expansion urbaine” organisé dans le cadre de la rencontre gouvernement-walis, ont souligné dimanche la nécessité de concevoir une nouvelle stratégie nationale de gestion des villes s’articulant autour d’un ensemble d’instruments permettant la maîtrise du phénomène de la saturation urbaine et la création de villes modernes et intégrées.

Modéré par le wali d’Oran, Abdelkader Djellaoui, cet atelier qui a réuni quelques 134 participants, dont des représentants des administrations locales, des responsables d’organismes publics et d’établissements bancaires, ainsi que des directeurs centraux de plusieurs ministères a focalisé principalement sur la question de la gestion judicieuse des périmètres urbains et de leurs disponibilités foncières.

Dans son allocution d’ouverture, le wali d’Oran a fait état de “l’échec” de la politique de gestion urbaine adoptée jusque-là préconisant aux participants de réfléchir et proposer des solutions à même d’améliorer le cadre de vie du citoyen vivant dans les centres urbains et de faire face à la demande croissance en matière d’accès au logement.

Plaidant pour une nouvelle stratégie de gouvernance et de maitrise de l’expansion urbaine, M. Djellaoui a souligné que celle-ci doit tenir compte de la problématique du manque du foncier dans les grandes villes du Nord du pays, du traitement du vieux bâtis, du caractère régénératif des bidonvilles et de l’opportunité de création de nouvelles villes dans le pays.

A ce propos, les intervenants ont été unanimes à déplorer l’état des grandes villes du pays qui ne répondent pas aux normes de qualité, de sécurité et d’hygiène, citant les cas des nouvelles villes de Sidi Abdallah à Alger et celle de Ali Mendjeli à Constantine, où l’Etat avait mobilisé d’énormes moyens financiers pour la construction de logements et d’équipements d’accompagnement (maternelles, écoles, structures de santé, aires de détente, transports et centres de sports ).

Dans ce contexte, le wali de Blida, Kamel Nouicer, a fait observer, lors des débats, que la pression de la croissance démographique et la politique de scolarisation à grande échelle imposent aux autorités du pays de réfléchir à une nouvelle politique de gestion urbaine.

Le wali de Blida a soutenu que l’Algérie aura d’ici 2030 une population de 50 millions d’habitants, ce qui impose, a-t-il poursuivi, des “défis” à relever en matière de construction de logements, de structures de formation, de santé, d’emploi et de loisirs.

Des élus locaux ont soulevé, quant à eux, la question de la politique de distribution et de gestion des logements sociaux sous différentes formules, déplorant l’absence de fichier national pour garantir une transparence dans les mécanismes d’attribution et les coûts de la location (de 2000 DA à 2800 DA par mois) jugés “dérisoires”, ce qui engendre, selon leurs explications, la prolifération des bidonvilles et la fraude par certains bénéficiaires qui versent dans la spéculation immobilière.

Appelant à la révision profonde des instruments d’occupation des assiettes foncières et de gestion urbaine, des intervenants se sont interrogés par ailleurs sur l’évaluation de la demande nationale en matière d’accès aux logements publics.

Dans cet esprit, il a été recommandé par les participants à cet atelier de faire une halte et de revoir les ambitions exprimées en matière d’établissement de nouvelles villes, alertant dans ce sillage sur l’exploitation “démesurée” de terrains agricoles et du foncier touristique du pays.

APS du lundi, 17 février 2020