Les promoteurs repprochent à l’administration les lenteurs bureaucratiques. L’administration se défend et argue les problèmes objectifs.

En matière de réalisation de logements publics de différents segments, la wilaya de Sétif n’est plus un modèle. Les retards enregistrés dans le lancement de milliers d’unités l’enfoncent dans la zone rouge. Pour preuve, plus de 10000 logements publics locatifs (LPL) dont 3400 à Aïn S’fiha et 1000 sur les 1200 prévus à El Eulma, ne sont toujours pas lancés, au grand dam des citoyens concernés et des entreprises désignées.

Convoqués à Alger, le mardi 8 juillet courant pour une réunion d’évaluation des opérations, les responsables de la direction du logement (DL) et de l’office de la promotion et gestion immobilière (OPGI) de Sétif ont été, nous dit-on, réprimandés car ils n’ont pas atteint les objectifs qui leur ont été assignés : «Le non lancement de 10 000 logements locatifs publics dont une partie est réservée à la résorption de l’habitat précaire (RHP) n’est pas une fatalité. L’étude approximative des plans d’occupation des sols (POS) est la principale raison du blocage. En dépit des instructions du wali, le problème demeure posé.» explique l’un des promoteurs.

Et ce n’est pas tout ; le marché (contrat liant le maître d’ouvrage à l’entreprise de réalisation) ainsi que l’ordre de service (ODS), des documents qui permettent à l’entreprise d’entamer les travaux, ne sont toujours pas délivrés. «Figurez-vous que des entreprises n’ont toujours pas obtenu leurs marchés depuis presque 16 mois. Déposées depuis de longues années, des situations ne sont pas régularisées. Ce qui pénalise des entreprises dont la réévaluation du marché n’est jamais étudiée et réglée à temps.

Pis encore, des avenants de bon nombre d’opérateurs sont en souffrance depuis 2 ans. Ces problèmes qui ne représentent que la partie émergée de l’Iceberg, n’influent pas négativement sur l’entreprise de réalisation mais la pousse vers la faillite» dira un autre promoteur, sans cacher sa colère. Pour connaitre la position de l’administration, nous avons pris attache avec le directeur du logement, Mr Nourdine Benslimane qui dit en substance : «Au 30 juin 2014, le nombre de logements inscrits à l’actif de l’OPGI était de 3 356 unités non lancées. Le manque d’assiettes foncières en est la cause.

Le problème est presque réglé, d’autant plus que l’inscription et le choix d’entreprises devant réaliser 1200 logements sont en cours. Le reste suivra prochainement. La question des marchés et des ODS ne se pose plus. Pour ce qui est d’El Eulma et d’Ain S’fiha, un bon quota est lancé.» Relancés une nouvelle fois, les opérateurs ne sont pas de cet avis. «Nous ne voulons pas lancer une polémique mais la réalité du terrain contredit les propos du directeur du logement qui est sans nul doute mal informé. Avant de revenir à la vérité des chiffres, le directeur du logement a omis de parler des chantiers à l’arrêt suite au retrait des entreprises découragées par les lenteurs bureaucratiques.» affirment les opérateurs que nous avons interpellés, et d’ajouter : «A propos du taux physique de réalisation, sur 1200 unités, seulement 200 ont été lancés à El Eulma.

La situation est catastrophique à Aïn S’fiha où 1400 logements sont toujours bloqués. Prévus sur le même site, les programmes de 610 et 1400 logements ne sont que partiellement entamés. Pour l’illustration, uniquement 100 logements pour l’un et 400 pour l’autre sont en cours de réalisation. Cette situation n’incluant que deux daïras sur les vingt que compte la wilaya doit donner à réfléchir aux responsables du secteur. Nous profitons de l’opportunité pour solliciter une nouvelle fois l’intervention du wali pour mettre un terme à toutes ces entraves donnant un véritable coup de massue au secteur de l’habitat qui ne va pas bien.»
Source:El Watan