Nos villes manquent d’harmonie et de symbiose. Et pour cause, ces constructions non achevées qui s’avèrent, la plupart du temps, asymétriques par rapport au paysage et au cadre généraux, incompatibles à leur tour avec les normes architecturales et esthétiques admises.

Les anomalies, les incohérences et les contre-sens, tous les jours que Dieu, agressent notre champ de vision. Il s’agit là d’une double agression : environnementale et visuelle à la fois. Les constructions inachevées font partie de ces plaies qui tardent à cicatriser. La mise en conformité de ces bâtisses avec les lois en vigueur, tarde à voir le jour avec des projets qui stagnent depuis des années ou, dans les meilleurs des cas, s’arrêtent à mi- chemin. Des piliers à peine sortis de la terre, des façades non terminées, déplaisantes et couvertes de poussière et bien d’autres dysfonctionnements, sont constatés chez- nous.
Aujourd’hui, de nombreuses constructions lancées, peinent à voir le bout du tunnel. Et une fois de plus, le ministère de l’Habitat intervient pour accorder une autre chance, la troisième plus précisemment, de clore ce dossier, après l’expiration de la date butoir, pour la régularisation des constructions non achevées laquelle a pris fin, en août dernier.
En effet, le gouvernement, qui s’est réuni, mercredi dernier, pour l’adoption de l’avant-projet de la loi de finance 2020, conscient de la complexité de ce problème qui remonte à des dizaines d’années, reporte l’application de la loi 08/15 sur l’obligation d’achever les constructions, revenant ainsi, à la charge de ce dossier épineux au regard des difficultés rencontrées sur le terrain pour établir des papiers en règle pour des biens acquis, construits sur des terrains agricoles ou encore, des sites, jugés dangereux, comme le stipule la loi, accordant aux retardataires une autre chance pour se conformer aux lois en vigueur. Il faut savoir qu’à la faveur de la précédente prorogation, ce sont 207.056 dossiers qui ont été déposés. Les chiffres du ministère de l’Habitat ont relevé à fin 2018, au total 873.573 dossiers examinés, à l’échelle nationale dont 624.539 régularisés, alors que 107.311 autres ont été rejetés, représentant 127.714 logements.
Dans ce cadre, rappelons-le, durant le seul premier semestre de la même année, il a été dénombré prés de 4.000 infractions liées aux constructions sans autorisation dûment délivrées par les services concernés et procédé à 700 démolitions.
Aujourd’hui, cette nouvelle prorogation de délais pour l’attestation de conformité des constructions de la période antérieure à 2008 permettra sans doute, dans le cadre de cette opportunité offerte par les pouvoirs publics, de régler un casse- tête qui a trop duré, notamment si l’on sait que des instructions pour simplifier les procédures administratives de délivrance des attestations et contrats d’urbanisme ont été données, en prévoyant un guichet unique au niveau des communes et des wilayas lors de la première et deuxième prorogations des échéances fixées, pour la régularisation des dossiers.
Samia D.

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