En dépit des ambitieux programmes de logements lancés par l’État, les prix de l’immobilier dans les grandes villes du pays et particulièrement à Alger ne cessent de flamber. Cette tendance haussière a été confirmée, hier, par la Fédération nationale des agences immobilières, (Fnai), qui évoque une moyenne de prix de “140 000 DA le m2” dans l’ensemble des grandes villes. Durant la dernière décennie, de 2003 à 2013, les prix de l’immobilier ont connu une inflation vertigineuse, entre 400 et 600% !
À titre d’exemple, un F4 de 90 m2 coûterait aujourd’hui près de 15 millions de dinars dans les grandes villes du nord alors qu’il peut atteindre jusqu’à 30 millions de dinars dans la capitale. Selon le porte-parole de la Fnai, dont les propos ont été relayés par l’APS, les causes de cette flambée sont multiples : déficit structurel de l’offre de logements, multiplication des intermédiaires, recyclage des surliquidités du marché informel et dysfonctionnement du dispositif de contrôle fiscal. Le déficit offre/demande serait, selon lui, l’une des causes principales expliquant la surenchère actuelle des prix. Ceci, explique-t-il, du fait que le marché de l’immobilier soit maintenu sous la pression d’un déficit de logement jusque-là non absorbé.
L’économie informelle, qui est la principale source de financement de la plupart des acquéreurs, constitue l’autre cause directe encourageant la flambée des prix de l’immobilier dans notre pays. M. Aouidat confirme, ainsi, l’hypothèse d’un blanchiment massif de liquidités financières. Le porte-parole de la Fnai ne fait pas allusion forcément au blanchiment d’argent provenant d’activités illicites, telles que le trafic de drogue ou la contrebande.
De son point de vue, l’explication la plus probable est que l’argent investi dans l’immobilier est issu de l’économie informelle et de l’évasion fiscale. Évoquant également certaines transactions conclues en toute illégalité (vente de logements publics locatifs et de logements AADL), le président de la Fnai a déploré l’existence de telles pratiques qui “sont une porte ouverte à d’inextricables contentieux”. “Avec le concours d’intermédiaires, des logements frappés d’incessibilité sont cédés par le biais d’une reconnaissance de dette et d’une procuration notariée. Ces transactions conclues en toute illégalité aboutissent le plus souvent à des procès devant les tribunaux”, regrette-t-il. Les transactions illégales touchent également les lots de terrain à bâtir. M. Aouidat relève que des lots de terrains sont encore vendus à la périphérie d’Alger en recourant à la procédure de vente illégale dite “du papier timbré”.
La sous-déclaration du montant des transactions (vente ou location), lors de l’établissement de l’acte notarié, constitue une autre pratique dénoncée par le président de la Fnai. “Cette sous-déclaration, évaluée à près de 50% du prix réel, est une pratique généralisée que nous avons souhaité éliminer en faisant une série de propositions à l’attention des pouvoirs publics”, a rappelé le représentant des agences immobilières. Au titre des mesures proposées, M. Aouidat cite ainsi la réévaluation du parc immobilier et une révision à la baisse des taux de l’impôt qui encouragerait le citoyen à déclarer le prix réel de son bien.
Pour le président de la Fnai, la déclaration du prix réel est doublement avantageuse. Elle devrait permettre, d’une part, au citoyen acquéreur de régler la transaction en toute transparence et sécurité en recourant au chèque bancaire et, d’autre part, d’être correctement indemnisé par sa société d’assurance en cas de catastrophe naturelle.

Source: Liberté


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