Pensez-vous que la flambée des prix des produits de consommation soit économiquement justifiée ?

Cette flambée des prix à la consommation de produits même locaux obéit aussi bien à la nouvelle valeur du dinar qu’à une logique de rattrapage des commerçants locaux, qui même sur des produits locaux, comme les fruits et légumes, essaient de se rattraper face à d’autres secteurs en suivant la hausse de manière automatique.

Ceci ne répond pas à une logique économique, mais à une situation de panique chez les commerçants qui profitent des dernières disponibilités en dinar, chez leurs clients, sans réfléchir à l’avenir de leur activité une fois ces disponibilités taries par effet de dévaluations successives ou si le chômage venait à s’installer dans différentes filières préalablement financées par la rente pétrolière dont la moitié a déjà disparu. Ce résultat ne saurait tarder, et une fois que les ménages auront des difficultés à subvenir au strict nécessaire incompressible avec des salaires dont la moyenne nationale ne dépasse pas les 40 000 DA, il y aura de moins en moins de demande sur beaucoup de produits et surtout sur les placements précédemment spéculatifs comme l’immobilier ou les véhicules.

L’on évoque souvent le problème de dépréciation du dinar comme étant la cause principale de la hausse des prix. Qu’en pensez-vous ?

Il est évident que dans une économie extravertie en matière de flux économiques et intrants, toute réduction des capacités de paiement extérieures du pays entraîne, de facto, une réduction de la contre-valeur en devise accessible pour sa monnaie locale ou avec cette monnaie, ce que l’on appelle une dévaluation. De ce fait, une dévaluation ne fait ressentir ses effets que quelques mois après sa mise en pratique, une fois que les stocks disponibles à l’ancienne contre-valeur laissent place à ceux acquis à la nouvelle contre-valeur. Si on avait un fort taux d’intégration et des charges salariales de production conséquentes localement dans le secteur économique, l’incidence des inputs étrangers ne se ferait pas sentir de manière aussi frappante.

Mais du moment que notre taux d’intégration ne dépasse que rarement la case conditionnement et que le gros des produits consommés est constitué de produits finis directement importés, toute dévaluation entraîne à moyen terme une flambée des prix intérieurs, mais qui aura aussi bien une incidence sur le pouvoir d’achat local, que sur les chiffres de ventes dans une deuxième phase.

Si cette dévaluation avait été plus massive, et immédiatement suivie d’une redistribution des nouveaux dinars dévalués, en fonction d’un schéma inverse du précédent suivi depuis 2006, en orientant les nouvelles disponibilités vers les bas salaires et les secteurs productifs, en lieu et place des hauts salaires et des secteurs non productifs, on pourrait considérer la dévaluation comme un outil de régulation économique dans le cadre d’un new deal, par lequel les erreurs du passé seraient corrigées par un afflux de dinars ayant moins de pouvoir d’achat dans les bonnes poches et les bons créneaux. Mais comme elle se présente, cette dévaluation aura tous les inconvénients de la baisse du pouvoir d’achat du gros de la société, induisant une récession dans des segments pas très utiles dans les faits, mais ayant déjà occupé une place de choix dans la création d’emplois et de flux économiques.

Quels sont, selon vous, les leviers économiques à même de maîtriser le phénomène récurrent de l’inflation ?

Ce phénomène, assez mal appréhendé chez nous, est calculé selon une méthode qui me paraît être loin de refléter le véritable indice des prix, au vu des produits et services pris en charge dans son évaluation périodique. La prise en compte des subventions publiques dans les prix de certains produits de large consommation fausse toute la donne, et produit de l’inflation par injection de fonds dans la société par le truchement des subventions, qui souvent en plus prennent des chemins autres que ceux initialement prévus.

La non-prise en charge des loyers et coûts de logements, en fonction du prix du marché réel, font en sorte que le gros des économies des ménages induites par les aides publiques sur des produits à fortes subventions, se retrouvent en fin de cycle dans les poches de ceux qui proposent des services nécessaires mais non pris en charge, à des prix qui défient toute logique économique, en étant sûr de trouver client chez les ménages.
Il faut arriver à une logique économique universelle, qui fait que chaque chose a son prix, le travail y compris, et on aura de vrais emplois pour de vraies tâches à de vrais salaires, induisant de vraies dépenses à de vrais prix.

Et le marché se chargera de réguler de lui-même le flux, personne n’étant assez fou de mal classer ses dépenses, si ses revenus ne sont pas suffisants ou certaines dépenses ne sont pas soutenues par une autre partie. Dans l’immédiat, il ne s’agit pas de donner au dinar un pouvoir d’achat qu’il n’a pas, mais de l’orienter vers des achats qui doivent être sa priorité, en leur rendant leur vraie valeur, qu’ils prendront au détriment d’autres qui ne sont pas utiles, mais qui sont subventionnés par ricochet.

Et si les disparités salariales sans aucune productivité visible n’étaient pas de nature à affamer les petits revenus sans les subventions et à induire des excédents chez les autres par effet de subventions, on aurait peut-être un SNMG à 40 000 DA dévalués et le plus haut salaire à 300 000 DA tout aussi dévalués, ce qui donnerait une fourchette entre 200 et 1500 euros, du smicard au Premier ministre, et laisserait beaucoup moins de dinars à dilapider à beaucoup de segments de la société qui sont la principale source d’inflation importée.

source: Elwatan le 24-08-2016

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