Bidonvilles, déficit, gestion. «Tous les engagements pris par le gouvernement seront tenus, le premier touche à l’éradication de l’habitat précaire à la fin de l’année 2015, le second concerne la résorption de la crise du logement à la fin de l’année 2018.» L’homme qui tient ses propos sait de quoi il parle. Par trois fois, depuis 1999, Abdelmadjid Tebboune a été rappelé, après des intermèdes, à la tête du ministère de l’Habitat. Depuis 2012, il a été reconduit dans ces mêmes fonctions dans les trois gouvernements qui se sont succédé. Le but n’est pas de faire son éloge ou de l’encenser car il fait simplement ce qu’il est en devoir de faire. Certes, la politique du logement est inscrite dans le programme du président de la République. Comme, d’ailleurs, pour tout le reste des réalisations qui ont cours dans le pays. Sauf que les objectifs atteints diffèrent, d’un secteur à l’autre, en fonction de la maîtrise et de la personnalité du responsable qui en a la charge. Ceci pour écarter toute ambiguïté. C’est dans un entretien à l’APS, en septembre dernier, que Tebboune a fixé ces échéances capitales. Ce qui rend ces dates crédibles ce sont toutes les nouvelles mesures introduites et le nouveau souffle donné au secteur. Parmi ces mesures, la plus déterminante est sans conteste la décision de passer à l’industrialisation du logement avec l’aide du partenariat étranger. En réalité et avec humilité Tebboune rappelle qu’il ne fait que réhabiliter le logement industrialisé. Il rappelle que des entreprises telles la DNC ou la Sonatiba avaient recours à ce procédé qu’elles maîtrisaient dans les années 1970. Sans donner trop de chiffres, disons que le défi du gouvernement aura été de réaliser des millions de logements pour combler le déficit que nous traînions depuis l’indépendance. L’autre mesure introduite pour bannir «les cités dortoirs» concerne les équipements publics (poste, centre de santé, école, crèche,…) dont sont désormais dotées toutes les nouvelles cités. Vous allez dire pourquoi ce rappel? Il y a une troisième crise dont on parle peu mais qui est d’une importance vitale pour le parc immobilier. Il s’agit principalement de l’entretien et de la maintenance des parties communes. En un mot, de la gestion immobilière. C’est le point faible du secteur. Ni les Opgi, ni l’Aadl qui s’y sont essayés n’ont véritablement réussi «l’après-remise des clés». Il ne s’agit pas non plus de leur jeter la pierre. Même les immeubles relevant de la propriété privée grâce à la cession des biens de l’Etat souffrent du même problème. Au point où l’Etat s’est trouvé dans l’obligation de prendre en charge la réhabilitation de ce type d’immeubles dans les grandes villes et notamment dans la capitale. Aux dernières nouvelles, la solution de ce problème de gestion immobilière serait «dans les tuyaux» comme on dit. Sous la forme de concession en partenariat avec des entreprises étrangères. Il n’en reste pas moins que le problème est d’une complexité inimaginable. Il comporte un aspect législatif. Le dernier décret date de 1983. Autant dire d’avant l’âge de la pierre (sans jeu de mots). Il est aussi et surtout d’ordre culturel. Pourtant, il n’est pas insurmontable et l’option «concession» apparaît comme la seule démarche devant conduire progressivement à la solution. Progressivement, en l’introduisant d’abord dans la formule «location-vente» où le financement de la gestion est assurée. L’autre étape pourrait être l’exigence (notariale) du quitus des charges dans toutes transactions immobilières. Le tout dans une gestion rigoureuse au bénéfice du copropriétaire. Le temps aidant, les parties communes perdront cette impression de n’appartenir à personne. On aura alors réussi la pédagogie du vivre-ensemble «à la verticale». A doses «homéopathiques», la concession est le seul remède. En espérant que l’information se confirme!

 

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