Le conseil de l’ordre des architectes de Constantine vient de monter, encore une fois, au créneau pour dénoncer ce qu’il appelle «la création du marché informel des études, la médiocrité architecturale du cadre bâti de la ville de Constantine et les adaptations des études qui, selon lui, tuent toute forme de créativité architecturale».

Réagissant, en effet, à un appel d’offres, selon la procédure «étude et réalisation», lancé par l’Office public de gestion immobilière (OPGI) de Constantine, le conseil de l’ordre a dressé en date du 1O mars courant, une lettre au directeur général de l’Office public de gestion immobilière (OPGI) de Constantine, dont nous détenons une copie. Dans cette correspondance signée de la vice-présidente du conseil de l’ordre qui a pris le soin de faire ampliation au ministre de l’Habitat, au wali et au président du conseil national de l’ordre, le conseil de l’ordre des architectes de Constantine s’est dit «désagréablement surpris par cet appel d’offres concernant la réalisation en TCE de 774 logements publics participatifs et locaux de commerce à la nouvelle ville Ali Mendjeli et 6.5OO logements promotionnels aidés et locaux de commerce répartis en 7 lots dans la même ville, à Aïn Nahas et à Didouche Mourad, tout en relevant, textes de loi à l’appui, que «la forme d’association que requiert cette formule met l’architecte agréé en contradiction avec la loi». Par conséquent, le conseil de l’ordre a déclaré qu’il ne peut en aucun cas cautionner cette pratique en contradiction flagrante avec la réglementation en vigueur, en ce sens qu’elle touche à l’autonomie du maître d’œuvre. Et dans la foulée, le conseil de l’ordre des architectes fait remarquer que, par ailleurs, le recours abusif à l’octroi de marchés d’étude et réalisation a généré des situations de transfert à l’étranger de montants revenant aux études qui sont réellement exécutées par des architectes algériens, et a créé une situation monopolistique du marché profitant à une dizaine ou plus d’architectes ou de bureaux d’études qui ne génère aucune introduction de procédés nouveaux ni de transfert de technologies. Il regrettera aussi que les projets réalisés dans ce cadre offrent un paysage urbain monotone et sans diversité et que, du point de vue sociologique et fonctionnel, on a créé des unités d’habitation ramenées à leur plus simple expression, sans aucune recherche spatiale. Il en est de même d’un point de vue urbanistique où les projets consistent en une répétition illimitée du même bâtiment (standardisation). Enfin, note l’ordre des architectes, devant la suppression du rôle de l’architecte dans la défense de l’éthique et du confort du citoyen, les réalisations récemment réceptionnées dans le cadre de la formule «étude et réalisation», se sont avérées être dépourvues des exigences minimales. Et c’est pourquoi, le CO des architectes de Constantine a exigé que l’architecte algérien soit réhabilité et mis dans des conditions adéquates lui permettant de jouer son rôle de concepteur et de garant de la qualité urbaine. En conclusion et devant cette situation inacceptable, lit-on dans la lettre, «le conseil de l’ordre des architectes de Constantine s’est trouvé à son corps défendant mis désormais dans l’obligation d’user de tous les moyens de droit pour s’opposer à l’appel d’offres considéré».

Source: le Quotidien d’Oran