Le plan prévoit la réalisation de 1,6 million de logements durant le prochain quinquennat 2015-2019.

Le plan d’actions de son gouvernement Sellal, adopté jeudi dernier par l’APN, n’a apporté rien de nouveau concernant la problématique du logement en Algérie. En effet, il est clairement dit dans ce plan qu’il s’agira de la poursuite de la politique actuelle. Pour essayer, à la fois, convaincre et rassurer de la pertinence de cette continuité, le plan surfe sur les chiffres.
Il est ainsi annoncé que la consistance du programme actuel de logement, toutes formules confondues, est de plus de 2,2 millions d’unités dont 1,2 sont en cours de réalisation. Pour 2014, 300 000 logements seront réceptionnés et 600 000 lancés en travaux, selon le plan d’actions du gouvernement. En marge des débats autour du plan d’action, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que le programme de logement inscrit dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014 est lancé à un taux de 96%. “Nous sommes actuellement à 96% du quinquennal qui est lancé et nous terminerons l’année avec 85% du quinquennal réceptionné”, a-t-il déclaré. Le ministre a indiqué que les logements inscrits dans le présent quinquennal seront totalement lancés à “100% d’ici au mois de juillet”. “Il y a actuellement 171 000 logements sociaux locatifs disponibles et terminés, et il y a 63 000 logements en préaffectation, soit un taux de 70 à 75%”, a-t-il ajouté. En ce qui concerne le prochain plan quinquennal, le ministre a indiqué que son département s’attelle à préparer ce programme notamment sur le plan financier, ajoutant qu’une short-list nationale composée d’entreprises qui seront appelées à prendre en charge la réalisation des projets inscrits sera établie “dans deux mois”. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement Sellal escompte mobiliser le foncier urbanisable destiné à recevoir les projets de logements avec leurs équipements d’accompagnement, accélérera le rythme de la réalisation des différents programmes et mettra en œuvre de nouveaux mécanismes pour renforcer la transparence et l’équité dans la distribution des logements. Hormis les chiffres relatifs au nombre de logements réalisés ou à réaliser, le plan Sellal ne donne aucune piste sur la façon avec laquelle le gouvernement va combler les insuffisances. Il se trouve que ces insuffisances ne sont pas nouvelles. Elles ont déjà grevé les trois premiers plans quinquennaux. Le dernier d’entre eux, celui couvrant la période 2010-2014, tout en s’acheminant vers la consommation totale du délai qui lui est imparti, traîne encore des retards de réalisation. Des centaines de projets entiers ne sont pas encore lancés, à six mois de la clôture du plan. Ce n’est là un secret pour personne. D’abord, la faiblesse criante de l’outil national de réalisation, à savoir les entreprises, particulièrement dans le domaine de la construction et des travaux publics. Evoquant justement l’outil national de réalisation, M. Tebboune a affirmé, en marge du débat sur le plan à l’assemblée, que la capacité nationale de réalisation est actuellement de 250 000 logements par an et qu’il compte la porter à fin 2015 à 400 000 logements/an. Des déclarations qui laissent le lecteur pantois, puisqu’il y a à peine trois mois, cette capacité était de 80 000 logements/an et que le ministre espérait la porter à 120 000 logements, et l’appel à des entreprises étrangères de réalisation était préconisé. Concernant le foncier, le gouvernement se limite à dire qu’il mobilisera le foncier urbanisable. Mais il ne dit pas comment.
Les centaines milliers de postulants au logement espèrent une réponse, d’autant que, pour eux, la principale entrave au lancement des projets est le foncier. Reste enfin la question de la transparence et l’équité dans la distribution des logements. Même si on ne cesse de vanter le mérite du fichier national du logement, ce dernier ne semble pas remplir sa tâche comme il se doit. Selon des écrits de presse, la direction de l’AADL a décidé de s’appuyer sur le fichier de Sonelgaz pour vérifier si les demandeurs de logements de type location/vente ne disposent pas déjà d’un bien immobilier. L’Agence a opté pour ce type de contrôle, car le fichier national du logement n’existe pas vraiment, ou n’est pas mis à jour. Ils seraient des centaines de milliers à ne pas y être inscrits. Le fichier de Sonelgaz est-il fiable ? La question reste posée.

Source: Liberté