Quand le pouvoir veut.

Lors de la remise, hier, des clés de logements location-vente à 962 bénéficiaires dans le cadre du programme Aadl 2001 et 2002, il y a eu un fait, remarquable qu’il convient de souligner. Cette opération organisée en grande pompe s’est déroulée sans le moindre heurt sans la moindre émeute. Non pas parce qu’il devait y avoir des émeutes, mais parce que comme des «chiens» de Pavlov, on a été conditionnés à ce spectacle. A chaque distribution de logements, à chaque affichage des listes des bénéficiaires, le spectacle est toujours le même: on coupe les routes, on brûle des pneus et on affronte les forces de l’ordre. Rien de tout ça. Hier, c’était le calme plat. Si le ministère de l’Habitat jure par tous les saints que ces opérations de distribution de logements et le «déterrement» de la formule Aadl n’a rien de politique, on ne peut, s’empêcher d’y sentir cette «friture électorale». L’odeur est trop forte. C’est un miracle que réalise le pouvoir à l’approche d’une élection. Selon la nature de l’échéance électorale, il peut faire apparaître ou disparaître un problème d’un coup de baguette. La crise du logement? Selon Abdelmadjid Tebboune, elle pourrait être atténuée durant le prochain quinquennat grâce au nombre important de logements qui seront réceptionnés dans le cadre de l’actuel programme. «Les chiffres du fichier national des demandeurs de logements révèlent que l’Algérie connaîtra, après réception des projets de réalisation de logements en cours, un déficit de près de 720.000 logements, un chiffre appelé à être revu à la baisse», a rassuré M.Tebboune. Ce n’est pas fini. Pour accélérer la cadence, il y aura des programmes supplémentaires de réalisation de logements, notamment ceux inscrits dans le cadre de la formule «location-vente», des mesures prises pour des logements ruraux et le gouvernement compte, de son côté, lancer l’opération de cession des terrains bâtissables dans les Hauts-Plateaux à travers les agences de gestion et de régulation foncières après le lancement de l’opération pour les wilayas du Sud. Pourtant, s’il y a bien un problème insoluble en Algérie, c’est bien celui du logement. Les élections ont trouvé la formule magique qui permet de l’atténuer pour ensuite le dissoudre comme un sucre dans la promesse électorale. Les spécialistes les plus aguerris sont unanimes à expliquer que le véritable noeud gordien réside dans la saturation du foncier au niveau des grands centres urbains qui coïncide avec une demande croissante alors que l’offre est très réduite. Cette situation est exacerbée par la spéculation dans le marché de l’immobilier devenu une jungle sans loi. Mais quand le pouvoir veut, il peut. Il a les moyens de sa politique, le râtelier est suffisamment consistant pour satisfaire tous les convives.

 

Source : L’expression