Des dizaines de citoyens représentant les 650 familles des bidonvilles Fellahi 1 et Fellahi 2 du quartier de Sarkina ont entrepris, dimanche soir à partir de 20h, de bloquer le tronçon de la voie rapide du boulevard de l’Est situé entre le bureau de recrutement de l’armée et le rond-point du carrefour situé entre la cité Emir Abdelkader et Ziadia. Ces protestataires qui attendent leur évacuation dans les nouveaux logements qui leur ont été promis à l’unité de voisinage n°16 d’Ali Mendjeli, entendaient, par cette action, faire pression sur les autorités locales en charge du dossier logement au respect de la date du 21 mars prochain qui était prévue pour leur relogement à la nouvelle ville. Et jusqu’à hier au début d’après-midi la circulation automobile a été empêchée sur cette importante voie de communication qui relie le centre de la ville aux cités de Ziadia et Djebel Ouahch. «Sauf au transport des malades», ont précisé les manifestants lorsque nous avons pris attache avec eux hier matin. 

Ces derniers qui réclament haut et fort leur évacuation à la date prévue par les autorités elles-mêmes, n’ont pas caché leur volonté de maintenir le blocus jusqu’à ce que ces autorités consentent à négocier en prenant langue avec eux. Et lorsque nous avons demandé à connaître le motif de leur colère, le vice-président de l’association des résidents de Fellahi 1 et 2, M. Houssine, est intervenu pour dire que «c’est à cause des promesses mensongères des autorités locales chargées qui ne cessent de se moquer de nous». Et d’expliquer que c’est à la suite de l’entrevue qu’ils ont eue dimanche après-midi avec le chef de la daïra de Constantine qu’ils ont pris la décision d’utiliser ce moyen de protestation, devenu maintenant courant, pour arracher leurs droits. «Le chef de la daïra nous a fortement surpris, a affirmé M. Houssine, en nous déclarant que nous n’étions programmés dans l’opération d’évacuation prévue le samedi 21 mars et que celle-ci pourrait être reportée jusqu’à l’été prochain. Ceci alors même que le directeur de l’OPGI avait déclaré récemment à la presse locale que nous serions les premiers à être évacués samedi prochain. Nous avons senti alors que l’on continue toujours à se moquer de nous». Et de signaler encore les promesses non tenues qui ont été faites par les mêmes autorités de les reloger au mois de janvier, puis au mois de février passés. 

Et durant toute la journée d’hier, les protestataires ont campé sur leurs positions faisant face au dispositif important des forces anti-émeute qui a été déployé sur les lieux, surtout pour prévenir tout incident. Mais fort heureusement la protestation se déroulait dans le calme et le respect entre les deux parties en présence. Jusqu’à 15h, hier, la situation est demeurée la même. Et le vice-président de l’association est revenu pour nous confirmer qu’ils n’ont reçu aucun signe positif des autorités. Entre-temps, des citoyens des quartiers touchés par le blocus nous ont appelés pour nous décrire les difficultés qu’ils endurent pour rejoindre leurs lieux de travail, leurs demeures, de parcourir de longues distances à pied pour s’approvisionner en denrées alimentaires, etc.

 

Source : le quotidien d’oran