La cérémonie officielle de l’installation du nouveau wali de Sidi Bel-Abbès, M. Abdelhafid Saci Ahmed, a eu lieu hier au siège de la wilaya en présence des autorités civiles et militaires, des élus locaux et des représentants de la société civile. Parmi l’assistance, il est constaté la présence de personnalités qui étaient en hibernation depuis presque 2 années pour diverses raisons liées à des relations avec le wali partant Tahar Hachani. Il serait indécent de remettre en cause une gestion des affaires publiques qui a pris fin hier mais la réalité du terrain révèle l’existence de grands dossiers que le nouveau commis de l’Etat devrait prendre en charge et au plus vite. A commencer par le dossier de l’APC du chef-lieu de la wilaya bloquée depuis son installation, il y a presque une année. La substitution des pouvoirs du maire a posé d’énormes problèmes au chef de daïra qui se retrouve avec un véritable dilemme surtout dans la gestion des affaires courantes de la municipalité. Le nouveau responsable de l’exécutif est appelé à remettre le train sur rail en réconciliant le maire avec son assemblée. Du pain sur la planche toutefois selon des observateurs, la sagesse et le tact du nouveau wali seront déterminants dans le règlement de cet épineux conflit qui tient à cœur à l’opinion publique qui n’a pas cessé de soutenir le maire à travers les réseaux sociaux.

L’autre dossier important c’est la relation rompue avec les entrepreneurs et les opérateurs économiques privés qui ont déserté la wilaya pour d’autres cieux en l’absence de plan de charge. Le gel des terrains attribués pour des programmes de logement et le transfert des 1.400 logements LPA à un promoteur public sont des décisions longtemps décriées par des organisations patronales qui ont exprimé leur désarroi à travers plusieurs communiqués. Le dossier reste ouvert.

Sur le plan du front social, on attend depuis longtemps la distribution des logements sociaux et la tension est à son paroxysme chez les souscripteurs au programme LSP et LPA qui attendent la livraison des projets en souffrance chez des promoteurs privés. Par ailleurs, concernant les entreprises publiques de la wilaya à l’image de Nadifcom qui emploie pas moins de 500 travailleurs, celle-ci se trouve dans une asphyxie financière au point où la somme disponible dans son compte bancaire ne dépasse pas 1.000 dinars, nous révèle un responsable.

Les salaires des travailleurs ne seront pas versés pour le mois en cours. Des EPIC créées dans l’éclairage public et les espaces verts n’ont pas démarré faute de plan de charge et de moyens humains et matériels adéquats. Un dossier trop sensible qui nécessite tout le savoir-faire et la clairvoyance d’un responsable.

A propos de l’environnement, les militants et les associations se mobilisent pour sauver le lac Sidi Mohamed Benali se trouvant dans une agonie par la baisse de son niveau suite à un manque d’entretien des canaux des crues qui desservent cette zone humide. L’investissement quasiment absent dans tous les secteurs d’activité constitue la pierre angulaire pour M. Saci interpellé pour prendre le taureau par les cornes afin d’assainir un contentieux lourd dans le foncier industriel.

Par ailleurs, le club phare de la Mekerra, vecteur d’apaisement dans les milieux des jeunes et férus de la balle ronde, végète dans de très mauvaises conditions faute de subventions non attribuées par les deux assemblée élues. Un différend entre un homme d’affaires qui s’est investi dans la gestion du club et l’ex-wali serait une des causes qui aurait conduit le détenteur de la coupe d’Algérie à vivre de très durs moments en attendant un sursaut salvateur. Cette frange de la société est habituée à une intervention des pouvoirs publics lorsque les affaires du club vont mal. La décision du président de la République de nommer un autre wali pour la wilaya de Sidi Bel-Abbès a suscité un soulagement largement exprimé sur les réseaux sociaux et les commentaires dans les couloirs des différentes administrations de la wilaya. Maintenant qu’il y a un nouveau wali qui à priori a fait ses preuves dans d’autre wilayas, selon des échos, il est impératif de se fixer sur l’avenir. Une thèse perceptible dans l’intervention du nouveau wali qui a sollicité l’assistance et l’aide de toutes les forces vives de la société. L’ex-wali, Tahar Hachani à qui on reproche des défaillances, dira « on a fait ce qu’on a pu », un message à ses détracteurs qui ont vu leurs intérêts bousculés. L’ex-responsable de l’exécutif avait toujours favorisé les entreprises publiques dans l’attribution des marchés. Une décision courageuse qui lui a valu de grandes critiques acerbes. Un comportement que l’ex-wali a toujours « assumé » publiquement sans avoir à rougir. Les courtisans du nouveau wali affûtent déjà leurs armes et chaque groupe tente de se rapprocher du nouveau wali. Une tradition qui n’est pas nouvelle dans ces circonstances de changement de responsables de l’exécutif de la wilaya.

 

Source : lequotidien-oran du 1/10/18