L’éviction de l’ex-directeur, actuellement en fuite, n’a pas mis fin à l’inefficacité de cette filiale de l’AADL. L’option de sa dissolution et le recours à la sous-traitance sont envisagés.

À la cité AADL des 1 652 logements baptisée Benyoucef-Benkhedda d’Ouled Yaïch (Blida), l’ascenseur du bâtiment n°7 est en panne depuis 3 ans sans que cela inquiète, outre mesure, les responsables de l’entretien des cités AADL. C’est aussi le cas du bâtiment n°5 dont l’ascenseur est également en panne depuis plus de deux ans au moins plongeant les habitants dans le plus grand désarroi sans savoir à quel saint se vouer. “Nous comptons parmi nous des malades chroniques, des personnes âgées et des enfants qui trouvent la plus grande peine à emprunter les escaliers plusieurs fois par jour notamment pour les étages à partir du 5e”, témoigne un locataire qui s’indigne du mépris dont font preuve les responsables de Gest-Immo qui semblent se plaire seulement et seulement à relever les charges sans aucun service efficace y afférent.
Les exemples se multiplient également sur Alger et un peu partout où sont implantées les cités AADL qui commencent sérieusement à se détériorer et ressembler beaucoup plus à des cités-dortoirs où se présentent des situations qui auraient pu être évitées pour peu qu’une gestion plus rationnelle ait été de rigueur. Le rôle de cette filiale de l’AADL a toujours été controversé tant l’entreprise a failli à sa mission jusqu’à nécessiter une remise en cause. L’éviction de l’ex-directeur, poursuivi en justice et actuellement en fuite, n’a pas mis fin à l’inefficacité de Gest-Immo qui fait l’objet d’une enquête ordonnée, récemment, par Abdelmadjid Tebboune, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Suite à un rapport catastrophique établi par l’Inspection générale des finances (IGF) qui a levé le voile sur des failles importantes dont notamment un dysfonctionnement dans la gestion du budget de Gest-Immo, Abdelmadjid Tebboune aurait l’intention, selon des sources proches de son département, de dissoudre carrément cet organisme qui a fini par devenir le boulet de l’AADL.
La décision sera prise, bien entendu, après une enquête minutieuse qui viendrait conforter le rapport de l’IGF et justifierait la radicalisation de la décision en soi. Abdelmadjid Tebboune aurait l’idée de recourir à la sous-traitance et faire travailler les jeunes ayant investi dans le cadre de la microentreprise. 

Les gardiens d’immeuble : une présence et c’est… tout
C’est à croire que les gardiens des immeubles se sentent amoindris dans leur rôle. “Ils n’aiment pas être appelés ainsi, la notion de conciergerie a complètement disparu”, rapporte un locataire de la cité AADL de Sebbala dont le gardien de son immeuble a été suspendu. “Nous sommes restés deux années sans avoir un retour sur les factures payées comme il est de rigueur”, poursuit notre interlocuteur qui, à son tour, pose le problème des ascenseurs qui tombent souvent en panne. “Les femmes de ménage, non seulement font mal leur travail mais en plus elles s’arrêtent au deuxième étage. Elles ne font l’ensemble des étages qu’une fois par mois”, enrage une dame qui habite la cité AADL d’Ouled Yaïch s’interrogeant sur l’utilité de payer autant de charges. “Les cages d’escalier sont pourries et les murs ont besoin d’un coup de peinture. Ils ne font rien pour y remédier et ils nous empêchent de le faire”, se plaint également une locataire de la cité AADL de Zéralda qui pose aussi le problème de l’absence de clôture impliquant un danger pour les enfants. “Notre rêve d’un nid douillet au tout début au sein de ces cités flambant neuves il y a, à peine, une dizaine d’années a très vite tourné au cauchemar”, déplore un habitant de la cité des 1 827-Logements de Sebbala qui ne comprend pas l’intrusion des marchands ambulants de fruits et légumes qui envahissent les lieux sans être inquiétés laissant plein de détritus à leur départ, de ce problème de stationnement qui crée la zizanie entre voisins et ces jeunes qui s’octroient le droit de faire payer le stationnement aux locataires au risque de voir leur voiture saccagée ou du moins délestée d’une de ses parties (roue, rétroviseur, essuie-glaces, etc.). “Ils nous avaient promis plus de sécurité avec la présence d’un poste de police qui effectuerait des rondes le soir, d’une clôture de la cité et d’un poste de sécurité mais il n’en est rien”, fulmine un locataire de cette même cité qui connaît une grande insécurité selon les témoignages recueillis auprès des locataires.
C’est d’ailleurs le cas aussi à la cité AADL d’Ouled Yaïch. “Je ne comprends pas pourquoi ils ont mis des locaux presque pour chaque immeuble. Cela n’obéit à aucune logique. Il existe 1 652 logements qui ont besoin d’autre chose que des petites bicoques qui n’intéressent personne. La plupart des locaux sont fermés et dans un état de délabrement avancé servant de nid à la délinquance et autres délits”, dénonce notre interlocuteur qui reproche également à Sonelgaz et à la Seaal de commettre à leur tour des impairs. “Souvent, ils ne procèdent pas aux prélèvements et font payer aux habitants des forfaits faramineux et surtout injustifiables.”
En effet, beaucoup de locaux sont fermés alors qu’ils peuvent servir à abriter les services comme prévu au départ tels que des institutions comme Sonelgaz, la Poste, la police, la Cnas, la CNR, la Seaal, etc. Au lieu de cela on décide d’installer des bureaux Ansej et Anem comme c’est le cas à Zéralda. “À qui peuvent bien profiter des organismes de ce genre ? Cela ne fait que compliquer davantage le problème de stationnement avec tous ces jeunes étrangers à la cité qui viennent en masse”, font remarquer des locataires qui posent le problème de l’éclairage. Les responsables de l’AADL avaient parlé, depuis déjà une année, d’une nouvelle feuille de route à même de remédier à cette situation.
Il était alors question que “les anciens gérants changent de site” et de la création “de postes de superviseurs ayant comme mission de contrôler le travail des gardiens d’immeuble et des gérants de site ainsi que le règlement du problème des ascenseurs”. Aucune amélioration palpable n’est à relever…

L’incivisme des locataires vient ajouter son grain de sel
Force est de reconnaître que les habitants de ces cités ont aussi une part de responsabilité dans cette dégradation du cadre de vie dans les cités AADL. Les ascenseurs sont, en effet, surutilisés et souvent pour des raisons non justifiables pour y faire monter des matériaux de construction, des moutons de l’Aïd et des meubles. “Comment est-ce possible de faire monter des moutons plusieurs jours avant l’Aïd et sans même prendre le soin de nettoyer sa saleté ?” s’interroge un locataire dépité qui fait part d’un véritable calvaire. “Les gens ne respectent pas la tranquillité des autres et laissent leurs enfants jouer dans les cages d’escalier à l’heure de la sieste. Nous entendons le bruit des talons des femmes qui travaillent de bon matin et les ordures sont jetées sans aucun respect des horaires de passage des services de Net Com”, résume ainsi un locataire qui déplore la quasi-absence des aires de jeu et de loisirs ainsi que les espaces verts et finir sur le problème majeur, à savoir celui des parkings. “Du jour au lendemain, des piquets sont mis pour réserver sa place sans aucune autorisation”, dénoncent certains locataires qui font part de drôles d’histoires à ce sujet.

Source: Liberté