L’amphithéâtre de l’APW a abrité dernièrement une réunion d’évaluation consacrée au secteur du logement à laquelle ont assisté les cadres locaux et les élus de la wilaya, sous la présidence du wali. A cette occasion, le directeur du logement a présenté un rapport de situation qui a passé en revue tous les programmes de construction finalisés, en voie d’achèvement ou en cours de lancement concernant toutes les formules connues. C’est ainsi qu’à cette date et depuis 2005, 16.490 unités LPL (logement public locatif) dont 5.490 réservées à l’habitat précaire, 7.410 logements relevant du LSP, 2.800 LPP (logement promotionnel public) dont 1.000 réalisés en 2018, 16.184 aides au logement rural, 2.725 logements vendus en copropriété, 1.104 initiés par la CNEP, 132 logements et 5.092 autres au titre respectivement de la promotion publique et privée et, enfin, 400 dans le cadre du FNPOS sont venus étoffer le parc existant. Ces quotas ont grandement contribué au développement social et suscité un élan économique certain, tout en incitant les pouvoirs publics à prendre en charge les besoins spécifiques des populations en matière d’équipements publics, de structures commerciales et d’aménagement du cadre de vie. D’ailleurs, la cheffe de l’exécutif dans son intervention n’a pas manqué de souligner la nécessité primordiale d’offrir au citoyen les services les meilleurs possibles à même de faciliter son insertion dans les nouveaux ensembles réceptionnés. Ecoles, transport, commerces, aires de repos et de jeux, antennes administratives et bancaires, etc. Elle a, en outre, appelé les commissions d’attribution de daïra à se conformer, pour la sélection des postulants, aux critères tels que définis par la loi. S’agissant du suivi des chantiers, des instructions fermes ont été données aux intéressés afin de procéder à des évaluations permanentes quant au rythme d’avancement des projets. Mme le wali a fait état des résiliations de contrats décidées à l’encontre de promoteurs récalcitrants qui ont été à l’origine de retards intolérables.

Malgré l’incommensurable effort entrepris par l’Etat au profit de la localité d’Aïn Témouchent, au lendemain du séisme de décembre 1999, un parc de logements multiplié par quatre depuis, le constat ne semble pas aujourd’hui différer de l’ancien. Et pour cause, la wilaya, avant le séisme de 1999, commençait à résorber le déficit en logements. La demande n’atteignait pas les 8.000 car les logements sociaux et la formule LSP ont fortement contribué à la résorption du déficit.

Ensuite, quand le tremblement de terre a frappé avec son lot de destructions, le mouvement de solidarité national et international ainsi que les programmes de l’Etat ont permis de reloger tous les sinistrés. Dans la foulée et jusqu’à l’année 2008, un nombre important de demandeurs de logements sociaux prirent possession des clés au niveau principalement de la nouvelle ville et d’autres cités dont certaines furent rachetées à la CNEP par l’Etat afin de faire face à l’urgence de la crise. Mais tout cela ne s’est pas fait sans provoquer des effets pernicieux sur le devenir du secteur de l’habitat.

Une multitude de projets, réalisés entre 1999 jusqu’à ce jour, ont essaimé à travers toute la wilaya. Le secteur du bâtiment connaît actuellement une ère florissante qui pourrait laisser penser que la crise du logement est en passe d’être réglée mais le chiffre des demandeurs en dépit de ces efforts gigantesques est revenu en cette année 2018 à son seuil de 2008, soit 8.000 rien que pour le chef-lieu de wilaya. Un retour à la case départ qui s’apparente au mythe du rocher de Sisyphe lequel d’ailleurs illustre toute la problématique du logement en Algérie. Peut-être qu’une enquête socioéconomique basée sur des données recueillies auprès des ménages ayant bénéficié de logements entre 2005 et 2017 pourrait éclairer sur la persistance du phénomène qui ne s’explique pas uniquement par la poussée démographique. En tout état de cause, la nouvelle dynamique en cours au niveau de la wilaya de Témouchent a entraîné dans son sillage de notables changements et de réconfortantes perspectives. Et surtout une meilleure écoute des préoccupations citoyennes.

Source: le Quotidien d’Oran