Plusieurs milliers de souscripteurs aux différents formules (LSPAADL) dans la wilaya d’Alger sont entrés dans une longue et interminable expectative du fait que la plupart de ces projets traînent en longueur depuis des années. Les exemples qui illustrent cette situation ne manquent pas, à l’instar du projet «des 548 logements», à Ouled Fayet, dont l’évolution pose des interrogations. Le projet en question était prévu pour être livré au mois de juin 2019.

Or, le rythme de réalisation ne rassure nullement les souscripteurs concernés, qui veulent bien croire au contenu de la fiche technique placée à l’entrée du site. Certains souscripteurs en sont arrivés à exprimer leur désarroi auprès de l’OPGI d’Hussein Dey, qui est chargé du suivi des projets. C’est le cas des souscripteurs au projet AADL 1448 logements dans la même commune. Le chantier traîne depuis près d’un an.

Dans une lettre adressée au premier responsable du secteur, le collectif des futurs bénéficiaires de logements, orientés vers le site du «Plateau Sud» de Ouled Fayet (banlieue sud-ouest d’Alger), ont appelé le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville à intervenir en urgence auprès des services concernés pour inciter l’entreprise en charge de la réalisation des travaux de voirie et réseaux divers (VRD) à honorer son engagement et à finaliser ce projet qui traîne depuis plus d’un an. D’après le collectif, les logements situés notamment au niveau des bâtiments 25, 27 et 28 sont prêts à être distribués à leurs propriétaires, le taux d’avancement des travaux a atteint les 90%.

Délais dépassées

Il ne reste que le VRD qui s’étend sur une superficie de 1200 m2. Selon des experts, cela ne nécessite pas plus d’un mois de travaux. Dans la commune de Bordj El Bahri, des souscripteurs au projet 381 logements sociaux participatifs souffrent du même problème.

Dans une lettre adressée au premier responsable du pays qui date du mois d’octobre dernier, les plaignants ont déclaré que «la date initiale pour le démarrage des travaux était fixée au 21/03/2013, alors qu’ils n’ont été lancés que le 30 septembre 2015 et la livraison était prévue pour un délai de 24 mois, mais malheureusement le chantier a pris beaucoup de retard et il est à présent à l’arrêt total sans que l’entreprise ne soit mise en demeure (SPA Batigec)», ont-ils mentionné dans leur missive.

A l’extrême-est de la capitale, au niveau du site Aadl Koreichi «1400 logements», dans la commune de Réghaïa, les souscripteurs n’ont pas encore occupé leurs habitations, et ce, depuis 2019, date de l’attribution des affectations. Mis à part les immeubles dont les travaux ont été complètement achevés, aucun autre aménagement n’a été réalisé.

Les travaux de viabilisation ont cumulé beaucoup de retard à cause des entraves administratives entre l’apc, la DUCH et l’AADL. Face aux retards «abusifs» cumulés et à l’absence de réaction des promoteurs en charge des projets à l’arrêt, aux mises en demeure du ministère, M. Nasri avait estimé en juin dernier que la meilleure solution pour garantir les droits des bénéficiaires est de s’organiser en associations pour poursuivre en justice les promoteurs et que l’administration se charge d’en désigner d’autres pour achever les projets. Il faut savoir que sur les 42 000 logements LSP programmés à Alger, 27 000 sont achevés.

De plus, en 2020, quelque 3000 logements LSP devaient être livrés dans la wilaya d’Alger, mais ceux-ci accusent aussi un autre retard dû à la pandémie, explique-t-on à la direction de l’habitat. Outre cela, 15 000 logements, soit la moitié à réaliser au niveau national, sont en attente de construction dans la capitale.

 

Elwatan du 22 NOVEMBRE 2020