La viabilisation des logements sociaux met en colère le wali de Tizi Ouzou

Ce sont surtout les dysfonctionnements et le manque de coordination constatés entre les différents services qui ont irrité le wali.
Le premier responsable de l’AADL à Tizi Ouzou a révélé la consistance du nouveau programme de logements attribué à la wilaya, dans le cadre du programme national AADL. Il est d’un total de 6000 logements à réaliser sur six sites différents sur le territoire de la wilaya. Lors d’un conseil de wilaya consacré, jeudi dernier, au secteur du logement, le même responsable a précisé que la moitié de ce programme, à savoir 3000 logements, sera réalisée au chef-lieu de wilaya, 1500 à Azazga, 500 à Aghribs, 500 à Drâa El-Mizan, 300 à Fréha et 200 à Tamda. Ce programme, qui est loin de répondre aux besoins exprimés en la matière dans la wilaya de Tizi Ouzou, où le nombre de demandes enregistré lors des inscriptions sur internet est de 19 851, risque d’accuser des retards dans sa concrétisation. L’entreprise chinoise, à laquelle devait être confiée la réalisation du programme, a exprimé son intention de revoir à la hausse le prix de réalisation du mètre carré. “Elle exige un prix au-delà des 40 000 DA le m2”, a souligné le responsable de l’AADL, qui explique qu’il a été ainsi décidé, d’un commun accord avec le ministère de l’Habitat, de le confier à une autre entreprise qui sera choisie ultérieurement. Au cours du même conseil de wilaya, le wali de Tizi Ouzou, Abdelkader Bouazghi, a piqué une colère noire en décortiquant la situation des programmes de viabilisation des sites des logements sociaux à travers la wilaya. Ce sont surtout les dysfonctionnements et le manque de coordination constatés entre les différents services qui ont irrité le wali. “C’est une honte pour vous”, ne cessait-il de marteler au fur et à mesure qu’il relevait de graves dysfonctionnements qui pénalisent à chaque fois le citoyen. D’emblée, le wali a révélé qu’au moins 1200 logements sociaux ne sont toujours pas placés faute de coordination et 2400 autres sont prêts depuis 4 ans, mais ils ne sont pas mis à la disposition du citoyen faute de viabilisation. C’est le cas des 1427 logements à Azeffoun et des 1506 autres à Tamda, où les travaux de VRD traînent en longueur à cause des dysfonctionnements. À Drâa El-Mizan, l’on n’arrive même pas à raccorder une dizaine de logements à un réseau d’assainissement distant d’une dizaine de mètres. “C’est très compliqué”, a jugé le chef de daïra. Ridicule ! À Tigzirt, 130 logements sociaux sont livrés sans qu’ils soient raccordés à l’électricité. À Béni Yenni, une entreprise a placé des compteurs non homologués, et à Yakourène des citoyens habitent des logements sans électricité depuis une année déjà. Le wali demande combien ça peut coûter la prise en charge de toutes ces insuffisances, et personne n’y répond. Motus et bouche cousue.
À certaines questions et certaines décisions à prendre, les responsables, entre autres de la DLEP, de l’OPGI, de Sonelgaz, des chefs de daïra, se contentent de répondre par “normalement” ou par “ça sera pris en charge ce dimanche”, comme si, par enchantement, tous les problèmes du logement seront solutionnés donc ce dimanche. Dans la situation chiffrée présentée, seul l’habitat rural a enregistré des taux de réalisation plus ou moins satisfaisants avec l’achèvement de 45 540 unités sur les 69 320 attribuées à la wilaya. Le logement social est celui qui enregistre les taux les plus faibles avec seulement 8133 logements achevés sur un programme de 27 602. Au total, sur un programme de 121 312 logements, tous segments confondus, attribués à la wilaya depuis 2004, seuls 60 965 ont été achevés, soit un taux de 50%.

 

Source : Liberté Algérie