La chute des prix de l’immobilier en Espagne affecte le secteur de la promotion immobilière en Algérie. Pour les promoteurs algériens, l’acquisition d’un logement en terre andalouse constitue une grave erreur.

Les agents immobiliers avancent tout le contraire. Les deux présentent des arguments commerciaux différents. Des promoteurs immobiliers de l’ouest du pays affirment avoir été confrontés, l’année dernière, à la concurrence des logements espagnols et à la mévente de leurs logements.

Mais la fièvre des acquisitions des logements en Espagne s’est estompée à la faveur d’un inexplicable revirement de situation qui fait qu’aujourd’hui les Algériens commencent à éviter  ce marché. « Que ceux qui ont acheté des appartements en Espagne peuvent aujourd’hui s’en mordre les doigts. L’année dernière c’était en vogue de se payer un bien immobilier dans ce pays, mais les acquéreurs ont très vite changé d’avis », affirme un promoteur immobilier d’Oran, présent au Salon du logement d’Alger. Et d’argumenter : « un logement payé rubis sur l’ongle l’année dernière à 60 000 euros en Espagne n’a pas dépassé les 22 000 euros cette année. Une perte sèche de près de 30 000 euros en une année, c’est vraiment énorme ! », explique-t-il.

Un autre promoteur qui a tenté l’expérience espagnole a été catégorique : « c’est une véritable aventure, un plongeon dans l’inconnu. On donne notre argent à des agents intermédiaires qui vous livrent un logement en règle, avant de s’éclipser dans la nature. J’ai voulu louer mon F3 acheté pour 50 000 euros, il ne m’a même pas rapporté de quoi l’entretenir. L’entretien coûte 1 500 euros de l’an, et il faut maintenant trouver des locataires à l’année. Je pense que même à ce prix, c’est une grave erreur d’avoir acheté un logement dont la plus-value ne fait que diminuer. Les Espagnols n’arrêtent pas de nous dire que c’est juste l’effet de la crise et que, d’ici peu, les prix des logements reprendront de l’envol. Je ne les crois plus », ajoute-t-il, dépité.

En face d’eux, les agents immobiliers qui assurent ce type de transaction ne sont pas du même avis. Un commercial chez une agence immobilière tente de démonter en pièces les accusations des promoteurs. « Je vends des appartements à Alger tout comme en Espagne. Les promoteurs qui nous accusent de transactions illégales cherchent à trouver un alibi pour cacher leurs pratiques spéculatives. Pour le prix d’un F2 vétuste à Alger, situé dans un quartier populaire, vous pouvez vous acheter deux appartements très potables en Espagne. Que va vous rapporter ce F2 à Alger en termes de location ? 25 000, 30 000 dinars, pas plus. Cependant acheter un appartement en Espagne, c’est investir dans le long terme. Si les prix ont chuté entre 2012 et 2013, cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas remonter. Ce n’est qu’une question de temps », assure-t-il.

Abondant dans le même sens, une jeune commerciale dans une agence immobilière affirme que ses clients algériens ayant acquis des logements en Espagne sont satisfaits. « Acheter un logement en Espagne permet d’avoir un pied-à-terre dans ce pays pour les vacances, de disposer de leurs visas et d’ouvrir des comptes bancaires là-bas. C’est un investissement sûr », explique-t-elle.

 

Source: tsa-algerie