C’est l’histoire à la fois étrange et révélatrice de la manière dont sont gérés les logements dans notre pays, que vit toujours la famille Ghanem à El Kseur. Trois ans de démarches et le problème ne trouve toujours pas de solution.
Le logement pour lequel elle est inscrite au fichier national du logement est occupé par une autre personne. Considérée comme bénéficiaire d’aide de l’état, les loyers payés à l’Opgi pendant près de 14 ans ne peuvent pas être défalqués du montant d’acquisition du logement social. Ayant acquis un logement social auprès de l’Opgi à la cité Boudiaf, la famille Ghanem décide de constituer un dossier de cession du bien en question au niveau de la daïra. Afin de bénéficier des loyers payés depuis l’occupation du logement, la commission de daïra lui exigera de fournir une attestation négative auprès de la caisse nationale de logement, une manière de vérifier si la famille n’a jamais bénéficié d’une quelconque aide de l’état. Jusque-là tout est logique.
La famille se rend à la caisse nationale du logement pour la délivrance du document. A sa surprise générale, la CNL refuse de lui délivrer le document en question au motif que la famille a bénéficié d’un logement évolutif en 1998. «J’ai effectivement fait partie de la liste des bénéficiaires du programme 314 Logements évolutifs, mais j’ai désisté car au même moment, je figurais dans la liste des logements sociaux. J’avais donc le choix d’opter pour l’une ou l’autre des deux formules», raconte la veuve. «Faute de moyens, j’ai opté pour le logement social, attribué fini, contrairement à l’évolutif qui nécessitait de moyens supplémentaires pour pouvoir en jouir», explique cette dame, présentant un copie de la lettre de désistement. En d’autres termes, la lettre de désistement présentée dix années auparavant aux services de l’APC n’a pas été exploitée. Conséquemment, la famille est maintenue sur la liste des bénéficiaires des logements évolutifs, sans en bénéficier concrètement. L’attribution a été faite au profit d’une autre personne qui y habite à ce jour. Une erreur qu’il convient de réparer. La CNL fait alors une proposition pour dépasser cet écueil. L’assemblée communale d’El Kseur devait, non seulement se réunir pour approuver le désistement qui date de 10 ans, mais aussi désigner le véritable bénéficiaire afin que la CNL puisse porter les modifications nécessaires au fichier national du logement et permettre ainsi à la famille Ghanem de bénéficier des loyers payés.
En date du 2 mai 2012, l’APC siège et approuve la lettre de désistement, mais ne désigne pas le nouvel attributaire du logement duquel s’est désisté la famille. L’actuel occupant serait lui-même inscrit au fichier national. Un véritable imbroglio en somme. Contacté par nos soins, le maire d’El Kseur affirme «être au courant de cette affaire», promettant «d’y remédier», sans préciser de délai. «J’ai désigné spécialement un employé de la commune pour trouver des solutions à ce problème», a rassuré le Dr Aberkane, maire de la ville d’El Kseur
Source: l’Expression



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