C’est tout haut et en termes crus que le wali de Souk Ahras a exprimé toute sa colère lors d’une réunion du conseil de wilaya tenue lundi pour débattre de l’état d’avancement des travaux des projets liés au dossier du logement, toutes formules incluses.

«N’étaient-ce les complicités, nous aurions dépassé de loin cette situation qui n’enchante guère nos engagements, notre crédibilité et notre statut de garant de la stabilité social dans cette wilaya», a-t-il lancé après avoir mis en évidence les retards cumulés, notamment dans les formules LSP-LPA, AADL et l’habitat rural. Pour ce dernier, les chiffres avancés par la direction du logement parlent d’eux-mêmes.

Ce sont 2984 unités perdues dans les méandres de la bureaucratie et qui n’ont pas encore été lancées, seulement 1133 logements sont en cours de réalisation et 891 autres dont la liste n’a même pas été arrêtée. «Cette situation est inadmissible surtout quand nous constatons lors de chaque sortie en zones rurales que cette formule tant réclamée par la population fait l’objet de marchandage de la part des élus communaux», a-t-il déclaré. Les chefs de daïra devront, à compter de cette rencontre, aller vers les communes performantes au détriment de celles frappées, jusque-là, de torpeur et les quotas de ces dernières iront renforcer les autres municipalités.

En abordant les dossiers LSP-LPA, le premier responsable de l’exécutif n’a pas manqué de marteler que c’est grâce aux complicités présentes à plusieurs niveaux que les promoteurs défaillants ont sévi autant de fois à Souk Ahras. «Cette formule est en panne à Souk Ahras et rien n’est fait pour y remédier (…) les souscripteurs sont pris en otage par des promoteurs, lesquels promoteurs agissent dans l’impunité et portent atteintes aux programmes de l’Etat (…) trouverez-vous une réponse plausible pour des projets LSP-LPA qui remontent à plus de huit longues années sinon à l’année 2008 pour certains», a-t-il tonné. L’OPGI chargé de la réalisation de 100 unités fait partie du lot des promoteurs défaillants. Son directeur a imputé le retard dans la réalisation aux créances estimées récupérables auprès des souscripteurs.

LE CAS DE LA FORMULE AADL

Ordre a été donné au directeur du logement pour provoquer des réunions périodiques avec les promoteurs défaillants devant le wali. «Les chiffres que vous avancez ne sont pas convaincants et le rapport que vous lisez est loin de la réalité car à l’heure même où vous parlez, des souscripteurs lésés bloquent la route au niveau du POS 10», a étayé le même responsable qui a reproché au même directeur d’avoir «oublié» de présenter au premier responsable de l’exécutif la liste des promoteurs qui doivent être inclus dans une liste noire et qui seront privés, à ce titre, des prochains programmes.

La formule AADL qui patauge dans des problèmes liés à une cadence timide des travaux et des incohérences certaines dans ses rapports avec ses partenaires, a été sévèrement critiquée par le wali qui a officiellement annoncé l’échec de toutes les tentatives de coordination avec une entreprise en mal de crédibilité.

A l’heure où nous rédigeons cet article, des dizaines de souscripteurs observent un sit-in devant le siège de l’agence en signe de protestation contre des affectations à des logements fictifs. Lors de cette même réunion, le directeur par intérim de l’AADL n’a pas manqué de dénoncer les mesures bureaucratiques dressées à son encontre par la SDE (Société de distribution du gaz et de l’électricité) et la CNL (Caisse nationale du logement).

Si le représentant de la première entité a expliqué – documents et chiffres en support – sa position, la seconde qui n’est pas à son unique frasque, n’a pas trouvé de répondeur. Le chef de l’exécutif qui a annoncé une prochaine attribution de 3817 logements sociaux a insisté sur l’application rigoureuse du barème dans l’étude des dossiers de la part des commissions de daïra et mis en garde contre le recyclage des bidonvilles dont la prolifération est gérée par des complicités existantes à plusieurs niveaux.

 

Elwatan du 21.06.2020