15 000 familles occupant des haouchs devront bénéficier d’un programme de logements sociaux réalisés sur place.

La wilaya a décidé de prendre en charge les haouchs. Fermes coloniales à l’origine, ces bâtisses se sont transformées en bidonvilles avec l’arrivée de populations, particulièrement pendant les années de terrorisme. Des familles fuyant leur localité d’origine ont construit des baraques faites de tôle et de parpaing autour de l’ancienne propriété du colon, occupée par des fellahs.
Il n’est plus possible de distinguer la ferme originelle qui détonne avec le paysage avec l’allée, les dépendances, etc.

L’administration de la wilaya a pris la décision de restructurer ces sites. «Nous avons lancé une étude d’aménagement qui permettra de prendre en charge les familles sur place», nous a indiqué le directeur de l’urbanisme et de la construction (DUC), Ali Bensaâd. Cette étude permettra de diagnostiquer la situation et d’aménager à terme les sites. Quelque 15 000 familles occupent des haouchs disséminés autour de fermes dont certaines sont restées à vocation agricole. Selon M. Bensâad, la wilaya compte réaliser des logements clef en main au profit des familles qui souffrent de l’insalubrité et du manque de commodités.

«Nous réaliserons des logements sociaux clefs en main, et non pas des villas comme l’a suggéré un article d’un quotidien national (El Khabar, ndlr). Ces programmes de logements respecteront la spécificité du lieu. Nous comptons, par cette action, récupérer le paysage dégradé, sédentariser la population, dont une partie exerce encore dans l’agriculture et apaiser la tension sur le programme de logements sociaux», précise M. Benssaâd. Les résidants des haouchs ont réclamé à cor et à cri leur régularisation. Refusant d’être relogés ailleurs, ils ont voulu construire en dur sur les lieux de leur résidence.

Certains ont franchi le pas. A Chéraga, où se concentre une quarantaine de haouchs, des habitants reprochent au président d’APC d’avoir failli à sa promesse de prendre en charge les revendications de la population une fois élu. «Lors de la campagne électorale, M. Chermat a promis de régulariser notre situation. Un procès-verbal a même été signé, où il s’est engagé à prendre en charge nos doléances une fois revenu aux affaires après son élection. Ses promesses sont restées sans suite», se sont indignés des résidants qui s’appuient sur un document présenté par le candidat Chermat : une instruction interministérielle relative à la promotion de lotissements destinés à l’habitat rural. Pourquoi l’élu s’est-il débiné ? Selon les protestataires, les haouchs, dont certains surplombent la mer, seraient convoités par la mafia du foncier. Le P/APC, M. Chermat, assure que la prise en charge de la population n’est pas de son ressort. «Le rôle de l’APC est restreint, il se limite au recensement des habitants et la transmission de leurs doléances aux pouvoirs publics», s’est-il défendu dans un précédent entretien à El Watan.

En plus d’enlaidir le paysage, de détourner des terres à vocation agricole, les occupants des haouchs ont bloqué des projets d’intérêt public. A Ouled Fayet, des occupants des haouchs, dont certains vivent sous la menace de l’effondrement de leur habitation classée rouge par le CTC (haouch Thias), se sont opposés, à en croire le président de l’APC, Omar Benyahi, à la réalisation de projets d’équipements. A Heuraoua, à l’est d’Alger, où les haouchs se comptent par centaines, des habitations en dur sont sorties de terre. Les populations, dépourvues de commodités réclament une prise en charge de la wilaya.

Y a-t-il un délai pour le lancement des projets de la wilaya ? Aucune date n’est avancée par le DUC d’Alger. Pour lui, une fois les études terminées, le projet devra être soumis au ministère de l’Habitat qui inscrira un programme. «La réalisation des logements sociaux interviendra un peu plus tard», soutient le DUC.

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