Les acquéreurs des projets des 54, 60, 134 et 150 logements promotionnels aidés (LPA) dans la commune de Bouira viennent de saisir les autorités concernées au sujet de leurs logements qui tardent à sortir de terre. Lancés en janvier 2013 pour des délais de réalisation ne devant pas excéder 18 ou 24 mois, ces logements accumulent actuellement jusqu’à 46 mois de retard. Les entreprises réalisatrices, au nombre de quatre, éprouvent les pires difficultés à remplir leurs engagements contractuels.

Certaines d’entre elles sont carrément défaillantes, car les chantiers sont quasiment à l’arrêt. Ainsi, à en croire l’association des acquéreurs de ces logements, qui vient d’interpeller le wali ce propos, trois des quatre entreprises en charge des travaux seraient selon elle défaillantes. “Nos logements accusent un retard édifiant, car il varie entre 27 et 46 mois, alors que selon le cahier des charges initial, ils devaient être achevés en 18 mois seulement”, souligne ladite association dans sa requête dont une copie nous a été transmise.

Dans ledit document, il est fait état que le maître de l’ouvrage, à savoir l’agence foncière de Bouira, peine à trouver une certaine stabilité afin d’assainir cette situation. Pour les requérants, “le taux d’avancement des travaux est de 40% seulement et la cadence des travaux est très faible”. “Les chantiers ne sont pas suffisamment alimentés en matériaux et le nombre d’ouvriers est insuffisant”, expliquent les rédacteurs dudit communiqué.

Selon ces derniers, ils se sont portés acquéreurs en 2013 de logements de moyen standing, lesquels comprennent des F3 et des F4, dont les coûts sont respectivement de 130 et 145 millions de centimes l’unité. Face à cette situation, les membres de cette association ne restent pas les bras croisés, puisqu’ils multipliaient les actions de protestation, tantôt devant le siège de l’agence foncière, tantôt devant le siège de la wilaya, dans le but d’exprimer leur ras-le-bol.

Beaucoup d’eux, disent-ils, ont réglé les sommes exigées intégralement, pendant que d’autres sont en train de les régler par tranches. Et comme un malheur ne vient jamais seul, le maître de l’ouvrage est actuellement au cœur d’une zone de turbulences sans précédent. Les employés de l’agence foncière enchaînent grèves cycliques et actions de protestation afin de réclamer le départ de leur directeur. Ainsi, à travers leurs multiples actions, ils entendent dénoncer “la mauvaise gestion” et le “laisser-aller” de leur directeur, qui est accusé d’“incompétence” par les fonctionnaires et cadres de cette institution publique.

Ainsi, à en croire les représentants des travailleurs, leur agence, après avoir connu des années fastes et enregistré des excédents en matière de bénéfices, se retrouve dans le rouge. “Nous avons une dette de 15 milliards de centimes, après avoir connu une embellie financière avoisinant 50 milliards de centimes”, affirment les protestataires. Par conséquent, les acquéreurs desdits projets sont pour ainsi dire pris en otages du fait de cette situation lancinante.

Le wali tente de “désamorcer” le conflit
Jeudi dernier, les autorités locales, à leur tête le wali de Bouira, ont effectué une tournée d’inspection à travers les différents chantiers à l’arrêt, afin de constater de visu l’ampleur du blocage qui touche les projets. Le wali s’est dit stupéfait des retards enregistrés et a décidé durant la même journée de convoquer un conseil de wilaya restreint, regroupant des membres de ladite association, le directeur de l’agence foncière et certains bureaux d’études, dans le but d’étudier la situation et tenter de trouver des solutions adéquates.

Lors de cette réunion, des mesures qualifiées d’urgentes ont été prise. Parmi elles, la relance des projets à l’arrêt et la résiliation des contrats des entreprises défaillantes. Le directeur de l’agence foncière s’est défendu de tout blocage à son niveau et a lancé un appel à l’apaisement à l’intention de ses travailleurs.

“Certes, nous faisons face à une situation délicate, mais nous pouvons nous en sortir si nous conjuguons nos efforts”, a-t-il plaidé. Le wali de Bouira a quant à lui exhorté les entreprises réalisatrices à “redoubler d’efforts” tout en les assurant que leurs situations de paiement seront “débloquées incessamment”. Les acquéreurs, quant à eux, espèrent que ces décisions seront mises en application sur le terrain.

Source : Liberté Algérie par Ramdane Bourahla du 01-12-2019

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