La promotion immobilière est un secteur en plein essor à Oran. Des tours de logements promotionnels poussent un peu partout dans la ville.

Cette ruée vers ce créneau porteur qui génère de gros profit n’a pas épargné même les quartiers populaires comme El Hamri et Médioni. La 7e édition du Salon du logement et de la promotion immobilière, qui s’est ouverte mercredi au palais des expositions du Centre des conventions d’Oran (CCO), a confirmé l’engouement des «investisseurs» pour la promotion immobilière. Une quarantaine de promoteurs proposent des logements neufs «haut standing» dont les prix restent malheureusement inaccessibles pour la couche moyenne. Le prix de vente au mètre carré varie entre 100.000 et 150.000 dinars. Il faut ainsi débourser au minimum 12 millions de dinars TTC pour acquérir un logement F3 avec vue panoramique sur rue fréquentée. Ce jeune promoteur, qui a construit des logements LSP au bd Millénium, met en vente 20 logements/bureaux dont des duplex situés au premier et deuxième étage. Un F3 avec une superficie de 86,32 mètres carrés est proposé pour un prix de 12,7 millions de dinars, alors que le duplex avec une superficie de 117 mètres carrés est cédé pour 16 millions de dinars. Le jeune promoteur que nous avons abordé a confié que le logement promotionnel se vend très bien à Oran. «Sur une vingtaine de logements, nous avons réussi à vendre quelques unités la semaine dernière. Parmi notre clientèle, il y a des fonctionnaires et des gens aisés qui achètent souvent des appartements pour leurs enfants», révèle notre interlocuteur. Un autre promoteur, qui a réalisé 250 logements promotionnels à Haï El Yasmine sur le 4e bd périphérique, propose des appartements F3 de 100 mètres carrés pour un milliard de cts et des F6 de 157 m² pour 1,6 milliard de cts. Si ces prix vous effraient, vous n’êtes pas au bout de votre peine. Il s’agit en effet des prix les plus «doux» proposés par les promoteurs. Chez d’autres promoteurs, un F4 ou un F5 est négocié à partir de deux milliards de cts. Les promoteurs tentent de justifier ces prix hors de portée pour le grand public par la cherté du foncier, l’utilisation de matières nobles (marbre, granit, dalle de sol, céramique) et l’aménagement de cuisines intégrées et de salles d’eau avec équipements électroménagers (plaque chauffante, hotte, four…) de dernière génération. Pour ce connaisseur du marché, les tarifs des logements promotionnels restent surévalués par les promoteurs qui profitent de la libéralisation des prix pour faire un maximum de profits sur le dos d’une clientèle argentée et peu regardante sur les prix. Certains pourraient être tentés de dire que c’est une affaire de riches. «Des affairistes convertis en promoteurs ont tout le droit de fixer leurs prix à une clientèle aisée qui a amassé de grosses fortunes ces deux dernières décennies». Cependant, là où le bât blesse est que ces promoteurs ont bénéficié de plusieurs avantages octroyés à titre gracieux par les pouvoirs publics, notamment l’accès au foncier dans des endroits stratégiques de la ville, des crédits bancaires et autres largesses pour construire ces logements destinés étrangement à la nomenklatura. Des grands commis de l’Etat n’hésitent pas à qualifier certains affairistes en investisseurs ! Un promoteur que nous avons rencontré en marge de ce salon ne cache pas son amertume. Il avoue que plusieurs de ses collègues, qui capitalisent une dizaine d’années d’expérience dans la promotion immobilière, ont été exclus des nouveaux projets au profit d’arrivistes qui ne connaissent presque rien dans le bâtiment. La libéralisation des prix dans le secteur promotionnel a attisé toutes les convoitises. Les marges bénéficiaires sont jugées scandaleusement trop élevées pour les connaisseurs. «Un mètre carré bâti coûte en moyenne 50.000 dinars toutes taxes confondues. Il faut ajouter entre 100 et 200 millions de cts pour les matières dites nobles et les équipements (cuisines intégrées, électroménagers, robinetterie de luxe…).

Un appartement F3 de 100 mètres carrés revient ainsi entre 600 à 800 millions de cts. Ce même appartement est mis en vente entre 1 milliard et 1,3 milliard de cts, c’est-à-dire des marges bénéficiaires entre 300 et 500 millions de cts par appartement !». Le comble de l’ironie est que certains promoteurs poussent le bouchon un peu plus loin en exigeant d’autres sommes pour céder une place dans le parking pour 80 millions de cts. Les prix pratiqués chez nous sont trop élevés, pas seulement par rapport au niveau de vie des Algériens, mais surtout par rapport aux pays de la rive nord de la Méditerranée à l’exemple de l’Espagne. Un F3 coûte à Alicante ou Barcelone l’équivalent de 600 millions de cts. Pourquoi alors les gens continuent à acheter à des prix exorbitants ? La réponse est simple. A part l’immobilier, il n’existe pas d’autres créneaux où investir son argent dans le pays. Les gens aisés préfèrent ainsi investir leur argent dans la pierre, en attendant
Source: Le Quotidien d’Oran