Squattés durant le début des années 2000, des centaines de logements, réalisés dans plusieurs communes de la wilaya de Tizi Ouzou, comme à Draâ El-Mizan, Frikat, Ait Yahia Moussa, Tizi Gheniff, Boghni et d’autres encore, n’ont pas été récupérés par les pouvoirs publics qui n’ont ni expulsé ni régularisé leurs indus occupants.

C’est le cas dans les sites dits 114-Logements, 48-Logements et les 24-Logements à Draâ El-Mizan, au sud de Tizi Ouzou, où les occupants illégaux de ces logements se font rappeler au souvenir en organisant une action de protestation devant le siège de l’APC locale pour réclamer leur régularisation à l’effet de bénéficier du raccordement de leurs appartements aux réseaux électrique et de gaz naturel en ces temps de grand froid.

À l’occasion, les occupants de ces 206 logements, depuis le mois de mai 2001, lors des évènements douloureux du Printemps noir, ont expliqué aux autorités que s’ils ont recouru au squat c’est parce qu’ils ont été lésés dans l’attribution de ces logements en 2000.

“Nos recours ont moisi dans les tiroirs des commissions. Et la seule solution qui nous restait était d’occuper ces logements illégalement”, explique un squatteur du site des 114-Logements. Mais en attendant que leur sort soit tranché, ces appartements demeurent dépourvus de courant électrique et de gaz naturel.

Concernant l’électricité, ils ont recouru aux branchements illicites chez leurs voisins et concernant le gaz, ils se servent encore de bonbonnes de gaz butane.  À l’extérieur également, ces cités n’ont bénéficié d’aucun aménagement. Ni bitumage ni éclairage public.

Même les eaux usées sont déversées au bas des immeubles. “Ce que nous demandons est que les autorités locales aient pitié de nos enfants qui révisent leurs cours à la lueur de la bougie. Nos enfants ont contracté plusieurs maladies parce qu’ils ne résistent pas au froid”, s’est interrogé un autre squatteur de logement à la cité des 24-Logements.

“Tous les candidats aux élections électorales depuis 2005 jusqu’à 2017 ont inscrit dans leurs programmes notre situation comme un point noir à régler en priorité.

Mais une fois l’élection pliée, ils nous oublient”, a regretté encore un autre précisant que ce problème a été soulevé à tous les ministres en visite dans la région depuis près de 20 ans, mais aucune solution n’a été envisagée.

Source : Liberté Algérie  O. Ghilès