LPA : ce qui va changer

Le mètre carré est fixé à 50 000 DA, hors coût du foncier, et variera selon les principes du zonage.
Les demandes se feront au niveau des APC.

Suspendue depuis quelques années, la formule du Logement promotionnel aidé (LPA) revient dans une version revue et corrigée, avec de nouveaux critères d’éligibilité des demandeurs. Première nouveauté : peuvent accéder au LPA les personnes dont le revenu mensuel se situe entre “0 et 6 fois le SNMG”.
Cela suppose que même les chômeurs peuvent postuler à cette formule dont le montage financier n’a pas encore été précisé. Il reste que ce n’est pas moins de “70 000 unités qui sont prévues pour le programme 2018, avec la possibilité de voir ce chiffre évoluer”. C’est du moins ce qui a été annoncé, hier, par Abdelwahid Temmar, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, au siège de son département lors d’une réunion avec les directeurs du logement de wilaya (DL).  “Un décret exécutif sur le LPA sera signé incessamment et sera suivi d’une instruction ministérielle pour plus de détails (décrets d’application)”, a déclaré le ministre, révélant, en guise de nouveauté,“le recours à des types de logement selon la composition familiale, allant jusqu’au F5 en y introduisant les F2 et les logements individuels, notamment pour le Grand Sud”. Pour ce qui est du coût du logement, le ministre a indiqué que “le mètre carré est fixé à 50 000 DA et variera selon un partage régional en quatre zones. C’est, bien entendu, hors coût du foncier”. Les demandes, quant à elles, se feront au niveau local (les APC), et les walis en recevront la notification dès la semaine prochaine concernant les modalités d’encadrement de l’opération avec les directeurs du logement et les promoteurs. Le ministre rappellera aussi que “l’habitat rural bénéficie de 80 000 unités pour 2018 en plus des 40 000 qui n’ont pas été lancées”. Temmar a, d’ailleurs, insisté sur “une plus grande implication des directeurs du logement”, leur attribuant “de plus grandes prérogatives” qui supposent, selon ses affirmations,“un droit de regard sur toutes les formules confondues, y compris la promotion libre (privée)”. Il a,
également, appelé “à adopter une nouvelle méthode de travail pour éviter les retards enregistrés par le passé”, évoquant pas moins de “15 065 unités à l’arrêt et 1 581 non encore lancées” pour exiger, dans la foulée, des BRQ, des rapports hebdomadaires ainsi qu’une évaluation trimestrielle. “Cela ne sert à rien de maquiller les chiffres et de faire fi de la réalité des situations, parce que tout finit par se savoir. Alors, autant attester de la vérité et proposer des solutions”, a-t-il lâché, annonçant des visites d’inspection régulières. Le ministre est revenu aussi sur la pertinence de l’établissement d’un fichier national des bureaux d’études et des promoteurs et exige l’établissement d’un “logement type”. Il a également exhorté les DL  à “ne plus livrer des logements sans que les travaux de viabilisation soient achevés, au moins pour l’eau, l’électricité et le gaz”.
Temmar a abordé aussi le problème de remise des actes, demandant un recensement sur le plan national pour avancer sur cette question qui se présente même comme un obstacle pour l’héritage ou la mobilité : “Il existe 100 000 personnes qui ne disposent pas des documents, et ce, seulement pour Alger, alors qu’ils y ouvrent droit.”  Et pour conclure, le ministre a insisté sur le suivi et le contrôle rappelant qu’“il faut recourir à la construction avec des matériaux locaux sans que cela se fasse au détriment de la qualité”.

source:Liberté