Depuis la loi n° 07-05 du 13 mai 2007, qui a modifié les articles 467 à 507 du code civil algérien, la durée déterminée est obligatoire pour tout contrat de bail d’habitation — fini les locations à durée indéterminée qui s’éternisaient entre bailleur et locataire. Louer sans contrat écrit, ou en bâclant ce contrat, reste pourtant le meilleur moyen de se retrouver coincé le jour où les choses tournent mal, que l’on soit locataire ou propriétaire. Le cadre légal existe, les clauses essentielles sont connues, et les droits de chacun sont plutôt bien délimités : voyons ça dans le détail.
Mise à jour (septembre 2026)
La base légale du contrat de bail — loi n°07-05 du 13 mai 2007, articles 467 à 507 du code civil — et le préavis de résiliation de deux mois décrits ci-dessous restent inchangés. Aucune réforme récente ne modifie les règles applicables à la location d’habitation en Algérie. Dernière vérification : 23 septembre 2026.
Le cadre légal du contrat de bail
Le contrat de location relève du code civil algérien, dans la partie consacrée aux contrats de jouissance, telle que modifiée par la loi n°07-05 du 13 mai 2007 (articles 467 à 507). Depuis cette réforme, la durée déterminée est devenue obligatoire pour les baux d’habitation — fini le temps des locations à durée indéterminée, qui débouchaient trop souvent sur des blocages interminables entre bailleur et locataire.
Contrat sous seing privé ou acte notarié : quelle différence ?
Rien n’oblige à passer devant notaire : un simple contrat sous seing privé, rédigé et signé entre les parties, reste parfaitement valable. Le hic apparaît en cas de litige — loyers impayés, locataire qui refuse de partir : le propriétaire doit alors lancer une procédure judiciaire complète pour faire valoir ses droits. Le contrat notarié change la donne, grâce à sa force exécutoire, qui permet parfois de récupérer le bien bien plus vite en cas de manquement grave, sans passer par un procès en bonne et due forme.
Les clauses essentielles d’un contrat de bail
- La durée précise du bail, avec ses dates de début et de fin ;
- Le montant du loyer et la façon dont il se paie — mensuel ou annuel ;
- Le montant de la caution, généralement entre un et deux mois de loyer ;
- La destination du bien, habitation ou local commercial, un point qui détermine tout le régime juridique applicable ensuite ;
- Un état des lieux détaillé, établi à l’entrée et, dans l’idéal, refait à la sortie.
Documents à fournir
Côté propriétaire, une copie de la pièce d’identité et du titre de propriété suffit — acte notarié, livret foncier ou certificat de possession. Côté locataire, la pièce d’identité fait l’affaire pour un particulier ; pour une société, il faudra en plus le registre du commerce, les statuts de l’entreprise et l’identité du gérant.
Les obligations du propriétaire
- Livrer un logement dans un état habitable, conforme à ce qui a été convenu au départ ;
- Garantir une jouissance paisible des lieux pendant toute la durée du bail ;
- Assumer les grosses réparations — structure, gros œuvre, réseaux principaux d’eau et d’électricité.
Les obligations du locataire
- Régler le loyer aux échéances fixées ;
- Respecter la destination prévue au contrat, sans transformer un logement d’habitation en local commercial sans accord préalable ;
- S’occuper de l’entretien courant — petites réparations, propreté du logement ;
- Rendre le bien en fin de bail dans un état comparable à celui de l’entrée, usure normale mise à part.
Le loyer est-il plafonné ?
Non, pas de plafond. Depuis la libéralisation du secteur, le loyer se fixe librement entre les parties, sans limite réglementaire générale — exception faite, évidemment, du parc public géré par l’OPGI, qui obéit à des règles à part.
Comment résilier un contrat de bail ?
Un locataire qui veut partir avant la fin du bail doit, sauf clause contraire, respecter un préavis de deux mois. Et si le logement change de propriétaire en cours de route ? Le nouvel acquéreur hérite du contrat en cours : il devra attendre son terme avant de pouvoir récupérer le bien pour un usage personnel.
Que faire en cas de loyers impayés ou de refus de quitter les lieux ?
Loyers impayés à répétition, sous-location cachée, dégradations volontaires — face à un manquement grave, le propriétaire peut demander la résiliation judiciaire du bail. Là encore, le contrat notarié simplifie nettement les choses grâce à sa force exécutoire, alors qu’un contrat sous seing privé impose de passer par toute une procédure contentieuse.
Le dépôt de garantie (caution) : ce qu’il faut savoir
À quoi sert la caution versée à l’entrée ? À couvrir le propriétaire contre d’éventuelles dégradations ou impayés constatés au départ du locataire. Elle doit revenir intégralement à ce dernier en fin de bail, moins le coût réel des réparations liées à un usage anormal — l’usure normale du temps qui passe, elle, reste à la charge du propriétaire. En cas de désaccord sur le montant à rendre, rien ne vaut un état des lieux d’entrée et de sortie, daté et signé par les deux parties.
Questions fréquentes sur le contrat de bail
Un contrat de bail sous seing privé est-il valable en Algérie ?
Oui, il est parfaitement valable sur le plan juridique. Il offre simplement moins de garanties en cas de litige qu’un contrat passé devant notaire, dont la force exécutoire facilite le recouvrement des loyers ou la récupération du bien.
Le propriétaire peut-il augmenter librement le loyer en cours de bail ?
Non, pas sans accord. Le loyer reste fixé pour toute la durée du contrat ; toute hausse en cours de bail suppose soit l’accord du locataire, soit une clause de révision explicitement prévue au départ.
Que se passe-t-il si le propriétaire vend le logement loué ?
Rien ne change pour le locataire : le nouvel acquéreur doit respecter le bail jusqu’à son terme et ne peut pas l’expulser au seul motif que le bien a changé de main.
Faut-il déclarer un contrat de location aux impôts ?
En principe, oui : les revenus locatifs relèvent de la fiscalité applicable aux revenus fonciers. Le plus simple reste de se renseigner directement auprès des services fiscaux de son lieu de résidence, les obligations déclaratives variant selon la nature et le montant du loyer perçu.





