Vous vivez en France, au Canada ou ailleurs, et vous voulez acheter ou construire en Algérie ? Beaucoup pensent que les banques algériennes ne prêtent qu’aux résidents. C’est faux. La CNEP-Banque ouvre ses crédits immobiliers aux Algériens résidant à l’étranger, du logement neuf à la construction, et le CPA accepte les non-résidents pour son crédit à taux bonifié. Le parcours est simplement un peu plus long, surtout à cause des documents.
Cette page fait partie de notre dossier sur le crédit immobilier en Algérie.

Qui peut emprunter depuis l’étranger ?
La condition de base, c’est la nationalité algérienne. Pour ses crédits immobiliers, la CNEP-Banque précise noir sur blanc que l’emprunteur peut être résident en Algérie ou à l’étranger. Il doit avoir entre 19 et 70 ans et justifier d’un revenu régulier d’au moins 30 000 DA par mois.
Du côté du CPA, le crédit immobilier à taux bonifié est ouvert aux personnes de nationalité algérienne résidentes, non résidentes ou en détachement temporaire à l’étranger. Un binational peut donc emprunter, à condition de prouver sa nationalité algérienne.
Les crédits accessibles
À la CNEP-Banque, presque tout l’éventail immobilier est ouvert aux non-résidents :
- achat d’un logement neuf chez un promoteur ou en vente sur plans, jusqu’à 100 % du prix sur 40 ans, avec un taux de référence de 6 % bonifiable à 1 % ;
- achat d’un logement chez un particulier, jusqu’à 100 % sur 40 ans à 5 % – 6,50 % ;
- achat d’un logement LPP ou LPL auprès de l’ENPI, jusqu’à 100 % sur 40 ans ;
- construction, extension ou surélévation, jusqu’à 100 % du devis sur 40 ans ;
- terrain à bâtir de 500 m² au plus, jusqu’à 90 % sur 25 ans.
Les détails de chaque formule sont dans nos pages sur le taux bonifié et le crédit construction. Seuls les petits crédits à la consommation, comme le crédit auto, restent réservés aux résidents.
Pour le taux bonifié, une question se pose : comment la banque compare-t-elle un salaire versé en euros ou en dollars au SNMG ? Aucune règle publique ne le précise. Posez la question à l’agence dès le premier rendez-vous, car la réponse décide entre 1 %, 3 % ou le taux plein.
Les documents à fournir
En plus des pièces communes à tous les dossiers, la CNEP-Banque demande aux non-résidents :
- les trois dernières fiches de paie ;
- une attestation de travail ;
- une copie du contrat de travail ;
- le dernier avis d’imposition ;
- un relevé du compte bancaire sur lequel le salaire est versé, couvrant une année.
Le point clé tient en une ligne de la fiche CNEP : les documents établis à l’étranger doivent être visés par les services consulaires. Comptez ce délai dans votre calendrier. La liste complète, pièces du bien comprises, figure dans notre page sur le dossier de crédit immobilier.
Gérer le dossier à distance
Dans les faits, tout ne peut pas se faire depuis l’étranger. Il faut un compte en Algérie sur lequel les échéances seront prélevées, et au moins un passage en agence est généralement nécessaire pour ouvrir le dossier.
Pour la signature chez le notaire, deux options. Soit vous vous déplacez, en calant le voyage sur la date de l’acte de vente et de l’acte d’hypothèque. Soit vous donnez procuration à une personne de confiance, par un acte établi au consulat d’Algérie de votre lieu de résidence. Vérifiez avec le notaire la forme exacte qu’il accepte avant de faire la démarche.
Le remboursement, lui, passe par ce compte algérien, qu’il faut alimenter régulièrement. Un retard de prélèvement faute de provision se règle beaucoup moins facilement à 3 000 km de distance.
Et les programmes publics pour la diaspora ?
Avant de passer par un crédit classique, regardez les formules réservées aux Algériens établis à l’étranger. Le LPP pour les émigrés, géré par l’ENPI, propose des logements à prix fixé, et la CNEP-Banque finance l’achat d’un LPP jusqu’à 100 % du prix. Nous faisons aussi le point sur l’AADL 3 pour les émigrés et sur les solutions de logement pour les Algériens de l’étranger.
Fiscalité : ce qui change pour un non-résident
À l’achat, rien de spécial : mêmes droits d’enregistrement, même publicité foncière, mêmes frais de notaire. La différence arrive à la revente. D’après les précisions de la Direction générale des impôts, la plus-value d’un non-résident est taxée à 20 %, contre 15 % pour un résident, avec le même abattement de 5 % par an à partir de la troisième année, dans la limite de 50 %.
Si vous mettez le logement en location en attendant votre retour, les loyers sont soumis à l’IRG au taux de 7 % pour un logement d’habitation, à déclarer chaque mois sur le formulaire G n° 51. Pensez aussi à l’assurance catastrophes naturelles, obligatoire pour tout propriétaire et exigée lors d’une location ou d’une vente.
Nos conseils
Commencez par le dossier, pas par le bien. Les visas consulaires prennent du temps, et un vendeur n’attendra pas forcément trois mois.
Faites-vous accompagner sur place par une personne de confiance, mais gardez la main sur les décisions. Les arnaques visant la diaspora sont nombreuses : faux vendeurs, faux promoteurs, demandes d’acompte avant tout contrat. Notre page sur les faux promoteurs liste les signaux d’alerte. Et ne versez jamais d’argent en dehors d’un acte notarié ou d’un contrat encadré par la loi.
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Questions fréquentes
Un Algérien vivant à l’étranger peut-il avoir un crédit immobilier en Algérie ?
Oui. La CNEP-Banque ouvre ses crédits immobiliers aux Algériens résidant à l’étranger âgés de 19 à 70 ans, avec un revenu régulier d’au moins 30 000 DA par mois.
Quels documents pour un non-résident ?
Les trois dernières fiches de paie, une attestation de travail, le contrat de travail, le dernier avis d’imposition et un relevé du compte où le salaire est versé sur un an, visés par les services consulaires.
Un non-résident a-t-il droit au taux bonifié ?
Le CPA ouvre son crédit immobilier à taux bonifié aux Algériens non résidents. La prise en compte de revenus perçus en devises doit être vérifiée avec la banque.
Peut-on signer l’acte de vente sans venir en Algérie ?
Oui, en donnant procuration à une personne de confiance par un acte établi au consulat d’Algérie. Il est prudent de vérifier avec le notaire la forme de procuration qu’il accepte.
Faut-il un compte bancaire en Algérie ?
Oui, les échéances du crédit sont prélevées sur un compte ouvert en Algérie, qu’il faut alimenter régulièrement.
Sources
- CNEP-Banque : crédits aux particuliers (résidents en Algérie ou à l’étranger)
- CNEP-Banque : dossier commun, pièces pour les non-résidents
- CPA : crédit immobilier à taux bonifié
- Liberté : précisions de la DGI sur la plus-value des non-résidents
- Djalia : prêt logement CNEP pour la diaspora





