Présentée comme l’alternative au crédit classique, la Mourabaha s’est imposée dans les agences bancaires. Beaucoup de familles la choisissent par conviction, pour éviter l’intérêt. Une tribune publiée le 20 septembre par La Nouvelle République, signée Larbi Balta, jette pourtant un pavé dans la mare : au bout du compte, la facture serait bien plus lourde qu’on ne l’imagine au moment de signer.
Le principe, en deux mots
Dans une Mourabaha immobilière, ce n’est pas le client qui achète le logement avec de l’argent prêté. La banque achète le bien, puis le revend au client avec une marge connue dès le départ, payable en plusieurs années. Sur le papier, c’est simple et transparent.
Ce que dénonce la tribune
Premier reproche : la lenteur. Entre l’expertise du bien, les validations internes, les garanties, le passage chez le notaire et l’assurance Takaful, le dossier peut traîner des semaines, voire des mois. Assez pour que le vendeur se lasse et que la transaction tombe à l’eau.
Le second grief est plus lourd. Selon l’auteur, un bien estimé à environ 60 millions de dinars peut finir par coûter près de 120 millions à l’acheteur une fois additionnés la marge, l’assurance et les divers frais. Le prix quasiment doublé, donc.
L’assurance Takaful concentre une partie des critiques. Comment évolue son coût à mesure que le capital restant dû diminue ? Les mécanismes de calcul ne seraient pas toujours clairs pour le client. Même remarque pour les échéances annuelles fixes : rassurantes, elles peuvent masquer la répartition réelle entre ce qui paie le bien, la marge et l’assurance.
Sa conclusion tient en un mot : transparence. L’acheteur devrait disposer, avant de signer, d’un détail complet expliquant comment on passe du prix du logement au coût final.
Une opinion, pas un barème officiel
Précision importante : il s’agit d’une tribune. Les chiffres cités sont un exemple, et le coût réel dépend de la banque, de la durée, de l’apport et du profil de chacun. Sur une longue durée, un crédit classique coûte lui aussi nettement plus que le prix affiché. La vraie question est donc de comparer à durée égale.
Avant de signer : les questions à poser
- Quel est le montant total que je paierai, frais et assurance compris, sur toute la durée ?
- Comment est calculée la prime Takaful, et baisse-t-elle avec le temps ?
- Que se passe-t-il si je veux solder par anticipation ?
- Quels frais de dossier, d’expertise et de notaire restent à ma charge ?
Exigez les réponses par écrit et comparez au moins deux banques. Notre article sur le crédit sans intérêt en Algérie présente les formules existantes, et celui sur les frais de notaire aide à estimer une partie des coûts annexes. Pour les logements aidés, les conditions sont différentes : voir notre page sur le crédit bancaire LPA.








