Les flammes sont éteintes depuis des semaines, mais pour beaucoup de familles de Jijel, de Béjaïa et de Tizi Ouzou, la vie n’a pas encore repris son cours normal. Maisons noircies, toitures effondrées, meubles partis en fumée : l’État s’est engagé à indemniser. Voici où en est l’opération fin septembre.
Un été hors norme
Les chiffres donnent le vertige. Rien qu’en juillet, environ 1 460 feux ont été recensés en l’espace de douze jours. Entre mai et juillet, le total atteint 3 719 incendies, contre 1 501 sur la même période l’an dernier. Plus du double.
Fin août, de nouveaux foyers ont frappé l’est du pays. La wilaya de Jijel a été la plus durement touchée, suivie de Béjaïa et de Tizi Ouzou. Le 30 août, le président Abdelmadjid Tebboune a réuni les responsables concernés. Deux lignes en sont sorties : prendre toutes les mesures nécessaires pour indemniser les sinistrés et rétablir rapidement l’eau, le gaz, l’électricité et le téléphone, d’une part ; poursuivre les auteurs présumés des feux, d’autre part.
Les premières aides dès la mi-août
Pour les incendies de juillet, le ministère de l’Habitat a commencé tôt. À partir du 18 août, les familles dont la maison avait été endommagée ont pu retirer leur décision d’aide au siège de leur commune. Selon les chiffres rendus publics, 258 familles ont bénéficié d’une aide financière, pour un montant global de 85 millions de dinars. Les autres cas devaient être traités au fil des expertises techniques.
Le ministre Mohamed Tarek Belaribi s’est ensuite rendu à Jijel pour suivre sur place la réhabilitation des logements et des équipements, écoles comprises, touchés par les flammes.
Béjaïa, puis la dernière ligne droite à Jijel
À Béjaïa, la remise des décisions d’indemnisation aux propriétaires d’habitations a démarré le 8 septembre, d’abord dans les communes de Melbou, Souk El Tenine et Tamridjet, avant d’être étendue aux autres zones sinistrées.
Le 16 septembre, le ministre de l’Intérieur, Saïd Saïoud, a dressé un point d’étape. Dans les wilayas où les dégâts étaient limités, l’indemnisation est terminée. À Jijel, on en est aux dernières retouches. Le bétail et le mobilier ont déjà été indemnisés ; pour les arbres fruitiers, les versements doivent commencer le 15 octobre.
Vert, orange, rouge : ce que change le classement
Comme après un séisme, chaque maison touchée est expertisée puis classée selon la gravité des dégâts. C’est ce classement qui détermine la suite.
- Vert ou orange : la maison peut être réparée. Pour ces catégories, la restauration est presque achevée.
- Classée rouge, la bâtisse n’est plus habitable. Quelques cas restent en suspens, et les familles concernées sont hébergées provisoirement par les institutions de l’État en attendant une solution durable.
Si vous êtes concerné et que vous n’avez toujours pas de nouvelles, le premier interlocuteur reste l’APC, où sont centralisés les dossiers et remises les décisions. Gardez une copie du procès-verbal d’expertise : c’est la pièce qui fait foi en cas de contestation.
Reconstruire, mais pas n’importe où
Ces incendies ont aussi relancé un débat de fond sur la construction en lisière de forêt. Une commission a été installée mi-septembre pour préparer une loi spécifique, ce qui pourrait modifier les règles pour les futures reconstructions dans ces zones. Pour ceux qui envisagent de rebâtir en zone rurale, notre dossier sur l’aide à l’habitat rural et celui sur le permis de construire restent de bons points de départ.







